Vitry : un agent gréviste de la RATP tente de se suicider, après avoir été convoqué par sa direction

Un rassemblement de grévistes de la RATP devant le centre-bus de Vitry, le 13 janvier (illustration). / © LUDOVIC MARIN / AFP
Un rassemblement de grévistes de la RATP devant le centre-bus de Vitry, le 13 janvier (illustration). / © LUDOVIC MARIN / AFP

Un agent de la maintenance du centre-bus de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) a tenté de mettre fin à ses jours ce lundi matin, à son poste, alors qu’il reprenait le travail. Il avait été convoqué mi-janvier pour un "entretien préalable à sanction".

Par PDB / France 3 PIDF

Il venait tout juste de reprendre le travail : un agent gréviste de la CGT, en poste à la maintenance des bus du centre-bus de Vitry, a tenté ce lundi matin de se suicider sur son lieu de travail. D’après la RATP, l’homme « s'est tailladé les avant-bras » et «  a été immédiatement pris en charge par les pompiers ». « Son pronostic vital n'est pas engagé », d’après le groupe, qui évoque « des blessures superficielles » et explique avoir mis en place un dispositif de prise en charge psychologique pour l'agent en question et le personnel du centre.

Cemil Kaygisiz, délégué syndical CGT RATP, précise que la tentative de suicide est survenue alors que le salarié était à son poste, et que l’agent a regagné son domicile après avoir été hospitalisé. Un drame qui fait suite, d’après lui, à « la pression et aux intimidations qui durent depuis le début du mouvement ».

Un agent convoqué pour un « entretien préalable à sanction »

Le 13 janvier dernier, l’agent en question, ainsi que deux autres collègues également membres de la CGT, avaient été convoqués par leur direction pour un « entretien préalable à sanction ». Les trois salariés, soupçonnés d’insultes homophobes, risquent ainsi une révocation. Au cœur de la polémique : une vidéo largement partagée sur Twitter en décembre dernier, sur lequel on voit un groupe de grévistes injurier un conducteur de bus non-gréviste de « suceur de bites », de « sale pédé » et d'« enculé ».
A l’époque des faits, la RATP avait réagi, affirmant vouloir « condamner extrêmement fermement les comportements inacceptables observés sur cette vidéo, en particulier les insultes et propos discriminatoires tenus ». Les trois grévistes convoqués avaient réfuté les accusations, expliquant avoir répété les paroles d’une chanson de Vegedream.

Le dossier disciplinaire, une « épée de Damoclès » sur les agents et un « message politique » pour les grévistes

Face à la tentative de suicide, la CGT a appelé à un rassemblement ce lundi à partir de midi devant le dépôt, en présence d’élus et de soutiens aux grévistes. L’occasion d’« interpeller le directeur de centre à l’initiative de la convocation » des trois salariés, explique Cemil Kaygisiz.
Alors qu’aucune décision n'a encore été prise dans le dossier, le délégué syndical accuse la RATP de « pression psychologique », et d’avoir laissé une « épée de Damoclès » planer sur les agents : « Ils auraient pu décider de répondre pour sortir plus vite du conflit. On voit que les décisions sont prises au plus haut de la RATP, qui veut taper sur les grévistes. La RATP est une entreprise publique, c’est aussi un message politique, pour sanctionner le mouvement ». Une critique à laquelle la RATP, contactée, n’a pas souhaité répondre.

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