A Trappes, la femme au niquab n'ira pas en appel

Cassandra Belin, la femme au niqab dont le contrôle d'identité mouvementé en juillet 2013 avait mis le feu à Trappes (Yvelines), renonce à faire appel, alors que son nouveau procès était prévu mercredi (22 octobre) à Versailles.

Par CM/AFP

Comme souvent lorsqu'un condamné fait appel, le parquet avait formé un appel incident pour donner à la cour d'appel la possibilité d'aggraver la peine prononcée en première instance. Mercredi, à Versailles, la Cour peut se borner à constater le désistement et à confirmer la condamnation ou examiner l'affaire, si le ministère public souhaite requérir une peine plus importante.

Absente à son procès devant le tribunal correctionnel de Versailles en décembre 2013, la jeune femme, convertie à l'islam depuis ses 15 ans avait été condamnée à un mois de prison avec sursis, pour avoir insulté et menacé trois policiers lors de ce contrôle. Elle avait également été condamnée à 150 euros d'amende pour le port du voile intégral, ce qu'interdit une loi du 11 octobre 2010, récemment validée par un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme.
« Cette loi n'étant plus contestable, ma cliente en tire les conséquences », a expliqué son avocat, Me Philippe Bataille, pour justifier ce désistement.
L'autre raison est qu' « elle ne souhaite pas se présenter à l'audience », a ajouté son avocat. « Elle aurait volontiers montré son visage, mais elle ne souhaite pas qu'il y ait trop de publicité autour de cette affaire.»

Le soir du 18 juillet 2013, en plein ramadan, le contrôle d'identité de Cassandra Belin avait dégénéré et conduit à plusieurs nuits de violences, en particulier contre le commissariat de Trappes, pris d'assaut par une foule en colère. Aux policiers, Cassandra, la vingtaine, aurait lancé: "Allah va vous exterminer"... Mais elle ne reconnaît qu'un "Ferme ta gueule!", avait indiqué son avocat.
A l'occasion de son procès, son avocat avait déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contre cette loi "discriminatoire" et "liberticide", mais le tribunal de Versailles avait refusé de la transmettre à la Cour de cassation, arguant que la loi avait déjà été jugée conforme à la Constitution. En juillet, cette même cour a confirmé la condamnation du mari à 3 mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende, pour s'être violemment interposé lors de ce contrôle d'identité.

Sur le même sujet

Les + Lus