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Dans les Yvelines, l'incurie des pouvoirs publics pour accueillir les gens du voyage

180 caravanes ont investi un champ à Montfort-l'Amaury dans les Yvelines. / © France 3 Paris - Île-de-France
180 caravanes ont investi un champ à Montfort-l'Amaury dans les Yvelines. / © France 3 Paris - Île-de-France

Face à face tendu à Montfort-l'Amaury (Yvelines). D'un côté, des agriculteurs, de l'autre, plusieurs centaines de gens du voyage. Ils viennent de s'installer dans un champ faute d'aire d'accueil disponible. Tous dénoncent l'incapacité de l'Etat à gérer la situation.

Par Marc Taubert

Ils se sont installés sans autorisation. Depuis dimanche soir, 180 caravanes squattent ce champ à l'entrée de Montfort-l'Amaury. Pour Olivier Coupery, l'agriculteur propriétaire de cette pâture, le préjudice est important : "C'est un choc de voir rentrer par effraction chez soi. Il est bien sûr économique parce que je ne pourrai pas faire pâturer mes animaux sur cette parcelle surtout que nous sommes en année de forte sécheresse. J'ai une perte économique qui s'élève déjà à 7.000 euros".
 
La mairie a porté plainte à cause des raccordements sauvages à l'eau et à l'électricité. Le propriétaire a donné 48 heures aux caravanes pour partir. Mais ce rassemblement composé des chrétiens évangélistes tente de négocier sa présence jusqu'à dimanche soir faute d'un endroit disponible ailleurs.
 
"On essaie de faire des choses dans la droiture. Mais c'est vrai que par rapport au terrain, on est un peu obligé d'agir comme cela car dès que l'on fait une demande, on est directement refusé. C'est pour cela que l'on fait du forcing pour rentrer sur un terrain", explique Paul Mayer, représentant des évangélistes.
 

Trop peu d'aires de passage construites

Car depuis l'an 2000 et la loi Besson, des aires de passage pour les gens du voyage sont obligatoires dans chaque département. Une seule a pourtant été réalisée dans les Yvelines, près de Rambouillet, mais il en faudrait au moins trois. Les agriculteurs se sentent donc abandonnés par la préfecture.
 
"Aujourd'hui ces gens sont obligés de se mettre sur des terres agricoles et l'Etat nous laisse, gens du voyages et agriculteurs, face à face, alors que la décision et toute solution doit être trouvée par l'Etat et fournir des terrains décents a ces gens", s'exaspère Francois Lecoq, représentant des agriculteurs à la FDSEA.

Contactée, la préfecture des Yvelines n'a répondue à aucune de nos demandes. Les évangélistes ont promis de libérer la pâture dimanche soir au plus tard.
 

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