Tuerie de Chevaline (Haute-Savoie) : au coeur de la tempête médiatique un procureur sarthois

Le procureur Eric Maillaud répondant aux questions des journalistes suite à la tuerie de Chevaline / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Le procureur Eric Maillaud répondant aux questions des journalistes suite à la tuerie de Chevaline / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Sous le feu des projecteurs depuis la découverte de la tuerie de Chevaline, le procureur d'Annecy Eric Maillaud détonne par son calme, d'une patience parfois étonnante face à la meute médiatique.

Par Fabienne Béranger avec AFP

Depuis la découverte mercredi de la tuerie dans laquelle deux membres d'une famille britannique d'origine irakienne, une femme plus âgée et un cycliste français sont morts, ce Sarthois d'origine fait face de façon étonnante à l'engouement sur cette enquête, qui passionne également outre-Manche.

Il l'a reconnu face à près d'une centaine de journalistes: "C'est une première pour moi, je n'ai jamais vu autant de journalistes".
L'exercice est délicat: assurer des conférences de presse tout en préservant les secrets de l'enquête et répondre parfois plusieurs fois à la même question tout en gardant son calme, ce qu'il fait à merveille.
"Il s'en sort plus que bien", a reconnu un des journalistes habitués à ce genre d'exercices.

Assez grand, diction posée, extrêmement précis et parfois didactique à l'extrême dans ses réponses, ce procureur de 51 ans, tennisman à ses heures et "footballeur émérite", selon un avocat, peut aussi, malgré son air bienveillant, se montrer ferme.

Face à un journaliste anglais, en aparté, il explique calmement que le fait que le frère du défunt ait appris sa mort par les médias lui semblait "monstrueux", sans se départir de son sang-froid.

"3 pommes et 2 heures de sommeil par nuit"

Fils d'un médecin et d'une dentiste, il a débuté comme substitut à Angers au début des années 90, et a notamment occupé le poste de procureur à Libourne pendant six ans avant d'arriver en février 2010 à Annecy.

Difficile de lui trouver des ennemis. Tous ceux qui l'ont croisé, interrogés par l'AFP, loue sa "grande intelligence", son "très grand professionnalisme", son "côté humain", des qualités mises en relief avec cette terrible affaire de Chevaline.
"C'était quelqu'un qui allait à l'essentiel, sans minimiser le reste. Il avait une véritable capacité à prendre du recul sur les dossiers (...) Il avait une vision juste de la politique pénale", se souvient Me Jean-Philippe Magret, qui a "beaucoup côtoyé" Eric Maillaud dans le cadre de ses fonctions de bâtonnier de Libourne.

"C'est vraiment un excellent procureur, très humain, à l'écoute, réactif, grande classe. Il allie une grande qualité d'écoute, beaucoup d'humilité et un grand professionnalisme", a déclaré un enquêteur qui travaille sur l'enquête de la tuerie de Chevaline.

"Moi, je vois en lui un homme extrêmement précis qui ne parle que pour dire des choses intéressantes. Il dit tout ce qu'il doit dire et rien que ce qu'il doit
dire. C'est en cela que c'est un bon communicant", estime Me Georges Rimondi, qui l'a croisé lorsqu'il assurait la défense des victimes d'un accident de car à Allinges en juin 2008. Sept collégiens avaient alors trouvé la mort dans cette petite ville de Haute-Savoie.

"J'ai le sentiment d'un excellent professionnel. Il est dans la réserve, jamais dans l'emballement. Il sait qu'une affaire de cette nature ne peut pas ne pas être médiatisée, mais l'essentiel c'est de retrouver les auteurs", a ajouté Me Rimondi.

D'ailleurs, le procureur, qui a concédé tourner "à 3 pommes et 2 heures de sommeil par nuit" depuis le déclenchement de l'affaire, rappelle cette évidence à chaque fois face aux journalistes, son objectif est limpide: tout faire pour arrêter le ou les auteurs de cette tuerie.

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