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Solidex : solidaires et en Solex, l'aventure se poursuit pour 4 jeunes nazairiens

© Solidex
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Nous suivons chaque semaine le périple de 4 nazairiens partis en Solex à travers l'Europe, destination finale Istanbul.

Par L'équipe Solidex

Direction le Nord

Notre prochaine étape se trouve dans le nord de la Croatie...à Grubisno Polje pour dire vrai. La sortie de Zagreb fut alimentée de klaxons, de voitures nous frôlant... Bienvenue à la capitale ! Peu à peu, nous sortons de cette cacophonie urbaine et nous découvrons la campagne croate. Ici les gens ont l'air plus conviviaux, plus accueillants, nous ne faisons pas un kilomètre sans lever le bras pour saluer les villageois. Le paysage défile sous nos yeux à bonne vitesse puisque le terrain est plat et nous nous rendons vite compte que chaque maison possède un tracteur, quelques animaux, un potager et un puit. La population semble disposer de tout ce qu'elle nécessite...un réel retour aux sources pour nous.

Arrivés à destination, nous rencontrons Marina et sa petite famille. Un journaliste est là aussi. Nous donnons notre première interview à l'étranger pour le journal national croate. Attablés au bord d'un étang, nous partageons un repas traditionnel croate : c'est un énorme plat composé de plein de viandes différentes (souvent frites) et de légumes. Comme souvent depuis notre rentrée dans l'ex-Yougoslavie, nous parlons de la guerre, de l'Europe et du quotidien des gens. Après une pastèque fraîche et un essai des solex, nous sommes invités à découvrir le potager de mûres des grands-parents de Marina.
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Comme à la maison

A peine sorties du repas, que nous voilà de nouveau accoudés à une table mais pour une toute autre cause...bien plus noble ! Le patriarche tient à nous faire goûter son rakia, son vin de mûres et sort une bouteille de bière locale pour étancher la soif. Nous voilà avec trois verres chacun, des mûres, des morceaux de pastèques et un plaisir immense de vivre ce moment. Nous discutons par l'intermédiaire de Marina avec les grands-parents. Le grand-père nous montre un impact de balle dans la porte et nous explique que les serbes tiraient sur la maison depuis la forêt environnante. Sa femme, nous en montre un autre celui-ci dû à son mari : en voulant partir à la chasse, il avait posé son fusil un peu brutalement sur le sol et le coup était parti. Nous rigolons ensemble avec insouciance...

La guerre était là seulement 20 ans en arrière et maintenant nous sommes là à en rire... la vie continue ! Les parents de Marina sont aussi des gens très habiles de leurs mains : le mari a des talents de menuiser et elle, réalise de la pyrogravure sur bois. Nous sommes émerveillés devant ce travail d'orfèvre qui tapisse les murs de la maison. Nous partons ensuite visiter le jardin : les rangs de mûres, présentation de la chèvre, petit passage par le poulailler et salutation aux oies. Le tracteur local est là aussi ! Le grand-père propose à Clément d'en faire un tour, qu'il accepte avec un plaisir non dissimulé. Une fois le tour du propriétaire fait, nous retournons nous rafraîchir avec quelques verres de rakia. L'aprés-midi est passé très vite et nous devons partir, le patriarche nous lance un "PUTNA" (dernier verre pour la route) et nous nous embrassons comme une vieille famille après un repas de retrouvailles ! Un moment fort.
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La générosité croate est sans égale

Nous sommes attendus le soir à Virovitica par l'association SOS Virovitica. Nous sommes une nouvelle fois accueillis comme des rois avec un plat gigantesque de viandes et de légumes locaux. L'échange est convivial et passionnant. Nous ressentons leur peur de cette entrée dans l'UE. La Croatie n'a été "souveraine" que depuis 1991 et cette entrée dans l'union est quelque peu ressentie comme une nouvelle perte de l'indépendance du pays. Après ce délicieux repas, nous finissons de faire connaissance dans un bar avant un sommeil bien mérité dans un lit douillet.

La générosité croate est, semble-t-il, sans égal. Le lendemain, dimanche 28 Juillet, le thermomètre affiche 40°C. Nous passons la journée à visiter. Tout d'abord le chenil de la ville accueillant 80 chiens puis les locaux de SOS Virovitica. Cette association a pour but de venir en aide aux femmes. Elle défend le droit des femmes et amène une assistance aux femmes violentées ou harcelées. Nous finissons la journée dans la piscine municipale noire de monde. Le lundi matin, nous sommes déjà sur le départ et nous quittons nos nouveaux amis avec beaucoup de peine...

Le nouveau monde

Nous atteignons assez rapidement la frontière Hongroise. Beaucoup de choses diffèrent de la Croatie. Le langage est incompréhensible, la monnaie est 300 fois inférieure à l'euro ! Nous échangeons 40 euros et nos retrouvons avec 12000 Florins. Les villages sont perpendiculaires aux routes principales : ils font 50m de large et des centaines de mètres de long. La pauvreté est plus présente que dans tous les pays traversés. Le soir, nous nous arrêtons devant un portail où un vieil homme fume sa cigarette roulée. Nous lui présentons notre bout de papier explicatif et nous commençons le jeu de mime ! Après différentes techniques utilisées, ils nous ouvrent leur porte et nous montre un petit coin d'herbe. Nous déballons nos affaires, plantons nos tentes. Les propriétaires viennent nous voir avec un plateau de café et nous font de grands gestes vers le ciel, en tapant des pieds et "baragouinant" des mots incompréhensibles. La seule chose que nous comprenons, ce sont leurs prénoms : Steeve et Maria.

Après plusieurs autres mimes, nous comprenons que le temps est en train de passer à l'orage et ils nous indiquent leur garage pour dormir. Ce soir, nous dormirons au sec. A la nuit tombée, ils nous invitent à venir chez eux. Nous avons l'impression de rentrer dans un nouveau monde...un ancien temps. La maison doit faire 40m² et les pièces de vie sont composées de 2 pièces de 10m². Dans la première, on trouve une table ainsi que des armoires où s'entassent des photos de famille. Dans la deuxième, le lit est accolé à la gazinière et au poêle à bois. Sur un meuble, une télé en noir et blanc grésille. A ses côtés trône un lecteur cassette... Nos hôtes nous offrent le raki traditionnel avec une joie non retenue. Steeve nous parle sans comprendre que nous ne comprenons pas. Les regards se croisent, les sourires se succèdent, la voix de Steeve est constamment en action mais nous ne nous comprenons pas du tout. Et pourtant l'instant est beau. C'est un moment très grotesque puisque nous échangeons plus par la parole que par les gestes...mais Steeve semble heureux de parler alors... .Maria est plus réfléchie, elle nous mime des situations et nous arrivons à parler de la même chose. Elle nous montre l'œuvre de Steeve en le nommant "Picasso" : il a peint le plafond en bleu avec des formes rouges et y a collé des avions en papier issus de journaux. En nous souhaitant une bonne nuit, nous croyons comprendre qu'il faut trois heures pour aller en Yougoslavie. Le temps semble s'être arrêté pour eux.

En route pour Osijek

Le matin nous sommes réveillés par des chatons qui se faufilent sur nos duvets. Steeve est dehors à nourrir les poules et fumer une cigarette. La radio émet un slow mélodieux. Steeve empoigne Claire et l'entraîne dans un ballet plus cocasse que gracieux. On rit beaucoup. C'est le départ. Il nous tende un papier avec leur adresse et nous disent "caméra...caméra !!" Ils veulent les photos de la veille...nous partons avec la promesse de leur envoyer! Ainsi nous découvrons Pecs au petit matin, il est 8h. Cette ville est superbe et nous délectons notre café sur la place de la mosquée. Après l'orage de la veille, le temps est parfait pour nous et les solex fusent. Nous passons la frontière et arrivons très vite à Osijek.
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Après quelques minutes à chercher l'Alliance Française, une jeune femme voulant nous aider, nous propose de venir prendre une douche chez elle...Incroyable hospitalité croate. Nous refusons pour retrouver Nada, la directrice de l'Alliance Française. Nous échangeons toute la soirée sur leurs activités et sur les autres...en français ! Le but de notre venue est d'aider à la réfection des locaux de l'Alliance. Nous nous équipons de pinceaux et rouleaux et c'est parti pour une remise à neuf des murs. Ce don physique nous rempli de bonheur et on essaye de redonner par là, un petit peu de tout ce que l'on a reçu ! Ainsi, nous passons les 3 jours suivant à peindre, nettoyer et ranger les locaux de l'AF, tout en profitant le soir de la Drava et de ses eaux rafraîchissantes.
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La vie est belle !

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