100 ans après la Grande Guerre, la grande collecte

Verdun et son souvenir des poilus. / © DOMINIQUE FAGET / AFP
Verdun et son souvenir des poilus. / © DOMINIQUE FAGET / AFP

La mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, nous invite à faire numériser auprès des archives départementales les souvenirs de nos parents dans cette boucherie du XXème siècle. 

Par Xavier Collombier

Voyage au bout de la nuit

De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c'est de mots.
[...] J'étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C'est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu'ils disent, à ce qu'ils pensent. C'est des hommes et d'eux seulement qu'il faut avoir peur, toujours.


Louis-Ferdinand Céline, "Voyage au bout de la nuit".
Les premiers chapitres du "Voyage", marqueront le siècle et les petits-enfants de la Der des Ders. Charles, Marius, Emma, vos arrières grands-parents n'ont sans doute pas la plume du plus grand salaud de la littérature mondiale, mais ils ont traversé eux-aussi cette boucherie. L'histoire s'écrit toujours sans majuscule, de destins broyés par le souffle plus grand d'une tragédie d'un siècle passé. 

La mémoire se retrouve aussi dans les greniers 

La mission du centenaire de 14-18, nous invite à ouvrir les malles, sortir de la poussière nos souvenirs familiaux de cette pluie qui a saigné l'Europe et scellée son inexorable déclin.

Cette base de données se veut un échantillon de mémoire européenne de la Grande Guerre (...)On propose à chacun de mettre une petite image ou quelque chose encore en leur possession et qui est un souvenir, précise ce dernier. Résultat, on s'aperçoit qu'en réalité d'un bout à l'autre de l'Europe les familles ont vécu la grande guerre de la même façon." 

 


explique Emmanuel Penicaut, en charge de la grande collecte aux Archives de France dans le journal Metro.

Quelques souvenirs, quelques mots à l'encre violette

Dans les magnifiques paroles de poilus publiées, il y a quelques années, l'observateur du passé que nous sommes a été touché par le destin foudroyé de nos pères.

Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands,
j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité.
Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout.


Henry Floch.

nous passons la
dernière nuit de guerre le matin au petit jour puisque le reste de nous autres est évacué ; on ne peut plus se
tenir sur nos jambes ; j’ai le pied gauche noir comme du charbon et tout le corps tout violet ; il est grand
temps qu’il vienne une décision, où tout le monde reste dans les marais, les brancardiers ne pouvant plus
marcher car le Boche tire toujours ; la plaine est plate comme un billard.


Eugène.
Les mots des poilus séchés par l'horreur vécue / © MICHAEL ESDOURRUBAILH / MAXPPP
Les mots des poilus séchés par l'horreur vécue / © MICHAEL ESDOURRUBAILH / MAXPPP

Souvenirs des poilus issus des bords de Loire

Notre reportage sur la grande collecte dans la région.
DMCloud:125007
souvenirs des poilus de bord de Loire



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