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Moines de Tibéhirine : deux juges antiterroristes français en Algérie

Une photo sans date précise sur laquelle figurent 6 des 7 moines assassinés en 1996 à Tibéhirine, en bas : Frère Paul (à gauche), Frère Christophe( au centre), debout de gauche à droite : Frère docteur Luc Dorchier (2ème), Frère Michel (3ème), Père Amédée (2ème à droite) et Frère Jean-Pierre (à droite). Père Christian de Cherché ne figure pas sur cette photo.. / © AFP
Une photo sans date précise sur laquelle figurent 6 des 7 moines assassinés en 1996 à Tibéhirine, en bas : Frère Paul (à gauche), Frère Christophe( au centre), debout de gauche à droite : Frère docteur Luc Dorchier (2ème), Frère Michel (3ème), Père Amédée (2ème à droite) et Frère Jean-Pierre (à droite). Père Christian de Cherché ne figure pas sur cette photo.. / © AFP

Les juges antiterroristes Marc Trevidic et Nathalie Poux, après avoir dû y renoncer deux fois, doivent se rendre en Algérie, pour assister à l'autopsie des têtes des sept moines de Tibéhirine, assassinés en 1996, deux d'entre-eux étaient nés en Loire-Atlantique

Par Christophe Turgis

Le drame de Tibéhirine remonte à 1996. L'Algérie est alors en pleine guerre civile. Les forces de sécurité s'opposent aux islamistes armés. Dans la nuit du 26 au 27 mars, sept religieux cisterciens établis de longue date dans un monastère isolé proche de Médéa, à 90 kilomètres au sud-ouest d'Alger, sont enlevés par un groupe armé. Le Groupe islamique armé (GIA) revendique le rapt. Le 21 mai 1996, il annonce l'exécution des moines. Neuf jours plus tard, les têtes des religieux sont découvertes au bord d'une route de montagne. On ne retrouvera jamais les corps.

Ce sont ces têtes, inhumées dans le jardin du monastère de Tibéhirine, que le juge Trévidic veut autopsier. A l'examen, elles pourraient révéler ce qui s'est réellement passé.

On s'approche peut-être enfin de la vérité sur ce massacre. Les familles des religieux assassinés attendent ce moment depuis dix-huit ans. Marc Trévidic, le juge antiterroriste français chargé de l'enquête, est attendu à Alger, en compagnie de la juge d'instruction Nathalie Poux et de quatre experts, parmi lesquels des médecins légistes.


Deux des moines étaient originaires de la Loire-Atlantique

Frère Michel Fleury est né le 21 mai 1944 à Sainte-Anne-sur-Brivet en Loire-Atlantique. Il est d’abord frère du Prado et travaille à Marseille pendant dix ans comme ouvrier fraiseur et comme docker. Il entre au monastère de Bellefontaine en Maine-et-Loire en 1980, puis part en Algérie à Tibéhirine en 1984.

Frère Michel Fleury est né le 21 mai 1944 à Sainte-Anne-sur-Brivet en Loire-Atlantique / © Serge di Loreto / Maxppp

Père Célestin Ringeard est né le 27 juillet 1933 à Touvois en Loire-Atlantique. Il fait son service militaire en Algérie puis devient, en 1960, prêtre éducateur de rue dans le diocèse de Nantes. Il s'occupe de marginaux, de prostituées, d'alcooliques, et de laissés-pour-compte. Il entre lui aussi au monastère de Bellefontaine en 1983 et rejoint Tibéhirine en 1987. Il fait sa profession solennelle le 1er mai 1989. C'était le frère hôtelier. Organiste, il avait la fonction de chantre auprès des moines. De caractère sensible, après la visite de membres du Groupe islamique armé, à Noël 1993, il fut opéré du cœur.

 

Le frère Célestin Ringeard, né 27 juillet 1933 à Touvois en Loire-Atlantique / © Serge di Loreto / Maxppp

 

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