Confinement : la livraison de paniers, une alternative à la fermeture des marchés

Le réseau "La Ruche qui dit oui" a multiplié ses commandes. / © France Télévisions Cyril Dudon
Le réseau "La Ruche qui dit oui" a multiplié ses commandes. / © France Télévisions Cyril Dudon

Pour enrayer la propagation du coronavirus, la plupart des marchés ont disparu de nos places. Mais les producteurs locaux ont besoin d’écouler leurs marchandises et les citadins, de se nourrir. La livraison de paniers semble être aujourd’hui la solution

Par Sandrine Gadet

Née en 2011, à Toulouse, la ruche qui dit oui n’a pas attendu l’ordre de confinement général pour mettre en place son système de relation privilégié entre producteurs et consommateurs.

Lisa Desrues joue les intermédiaires depuis deux ans, entre les habitants de l’île de Nantes et une vingtaine de producteurs de Loire-Atlantique. "Nous fournissons, tous les mercredis en fin d'après-midi, des fruits, des légumes, du pain de la bière, du miel, des produits laitiers, de la viande…".
En quelques jours, elle a vu le nombre des commandes doubler, "d’habitude je livre 25 à 40 clients par semaine, là on est passé à 70 paniers" dit-elle.
 

Le panier est passé à 50 euros

Bonne nouvelle pour cette auto-entrepreneure, car le montant moyen d’un panier lui aussi a augmenté et est passé de 35 euros à 50 euros en moyenne.
C’est normal, constate elle, avec les enfants à la maison, le télétravail, les gens partagent leurs repas en famille et donc commandent plus, c’est surtout très bien pour certains de nos producteurs qui, avec la fermeture des marchés et des lieux de restauration collective ont perdu une partie de leurs débouchés".
 

La livraison de paniers, le système le mieux adapté à cette crise ?

Maxim Hupel abonde dans ce sens. Producteurs d’œufs bios près de Châteaubriant, il explique :  "En temps normal, je vends les deux tiers de ma production en magasin et 1/3 sur des marchés et à des  restaurants. Grâce aux drives paysans qui se sont mis en place et aux livraisons pour les particuliers comme la Ruche qui dit oui, j’arrive à écouler sans problème mes 6500 œufs par semaine" pour ce producteur il s’agit maintenant de sécuriser ces nouveaux circuits. "Face à la demande, complète-t-il, il faut que l’on s’organise pour que les collègues qui ne sont pas dans ces réseaux puissent les intégrer afin que personne ne connaisse de pertes".
 

"nos produits sont livrés dans des conditions d’hygiène optimales..."

Pour Maxim, "l’organisation des paniers est un excellent système pour répondre à la crise que nous traversons, la transaction monétaire est virtuelle puisque les gens achètent via internet et nos produits sont livrés dans des conditions d’hygiène optimales ".
 
"L'organisation des paniers est un excellent système pour répondre à la crise que nous traversons." M. Hupel. / © France Télévisions Cyril Dudon
"L'organisation des paniers est un excellent système pour répondre à la crise que nous traversons." M. Hupel. / © France Télévisions Cyril Dudon

Car la Ruche qui dit oui a instauré de nouvelles règles de fonctionnement, tout comme les AMAPS. Les distributions, qui d’ordinaire se déroulent en une heure et demie, durent à présent deux heures. "Une distance d'un mètre entre chaque membre a été instaurée, précise Lisa Desrues, ainsi que le retrait des commandes suivant des créneaux horaires attribués pour chaque client, et puis nos paniers sont préparés à l'avance pour limiter les contacts". Le rappel des gestes barrières complète évidemment ce dispositif.
 

Le C.A. a augmenté de 66 %

Au plan national, le constat est sans appel : un chiffre d’affaire qui a augmenté de 66% et un doublement des commandes.

Dans les Pays de la Loire, c’est le carton plein pour les 22 points de livraison qui enregistrent 800 nouveaux clients de plus depuis le début du confinement.

"Partout en France nous sommes aussi contactés par des producteurs locaux qui souhaitent rejoindre notre réseau (+30% de demandes), et 90% de nos 750 Ruches continuent leurs distributions avec, souvent, le soutien de mairies qui nous prêtent des locaux ou nous fournissent des dérogations pour continuer à faire fonctionner notre dispositif et à faire vivre les territoires" explique Clémence Fernet, la responsable communication de l’entreprise.

Le confinement. L’épidémie. La crainte d’être infecté en allant faire ses courses au supermarché. En quelques jours, de nombreux consommateurs ont découvert un nouveau système d’approvisionnement.
Lisa Desrues espère que cet engouement perdurera. "Je ne souhaite qu’une chose, conclut-elle, c’est qu’une fois le confinement terminé, les gens se souviendront que les producteurs locaux étaient là pour les nourrir sainement pendant cette crise, et que nos nouveaux clients mesureront combien nous avons besoin d’eux !"
 

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