Confinement et religion : "les prêtres ne seront pas là pour compter les fidèles" prévient l'évêque d'Angers

Les offices religieux sont de nouveau autorisés dès ce week-end avec, dans un premier temps, une jauge à 30 personnes maximum. "Là où ce dispositif n’est pas possible, les prêtres ne seront pas là pour compter les fidèles", prévient l'évêque d'Angers.
 
Pour Monseigneur Delmas, évêque d'Angers, une jauge de 30 personnes maxi est irréaliste
Pour Monseigneur Delmas, évêque d'Angers, une jauge de 30 personnes maxi est irréaliste © maxppp
A compter de ce samedi 28 novembre, le gouvernement autorise de nouveau la célébration des différents offices religieux mais avec une jauge maxi de 30 personnes.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France s’est réuni jeudi soir et, à l’issue de cette rencontre, a décidé de déposer un recours référé-liberté dès ce vendredi 27, car "la jauge de 30 personnes n’est ni compréhensible, ni acceptable en l’état (...) Elle relève d’une erreur d’appréciation manifeste et nous avons le devoir de veiller à la liberté de culte dans notre pays".

Un nouveau  rendez-vous est prévu dimanche à 18h avec le Premier ministre. 

Pour Monseigneur Delmas, l'évêque d'Angers, "cette mesure apparaît irréaliste, car elle n’est pas applicable dans la plupart des lieux de culte du diocèse d’Angers".

"Nous sommes tous conscients des grandes difficultés dans lesquelles nous placent ces décisions gouvernementales",
poursuit l'évêque qui préconise, pour le diocèse d'Angers, que les prêtres "dans la mesure où cela leur est possible et de manière raisonnable" célèbrent plusieurs messes chaque jour, "dans la limite maximale de trois le dimanche".

"Les prêtres et les équipes d’animation paroissiale mettront tout en oeuvre pour organiser des messes ne dépassant pas 30 personnes,
ajoute Monseigneur Delmas, "Là où ce dispositif n’est pas possible, les prêtres ne seront pas là pour compter les fidèles", prévient-il.
 

"Une profonde incompréhension"

Même son de cloche dissonnant chez son homologue, Monseigneur Jacolin, l'évêque de Luçon, qui a accueilli "avec une grande déception et une profonde incompréhension" les décisions gouvernementales imposant une jauge de 30 personnes.

"J’exprime ma profonde inquiétude sur la non-prise en compte des catholiques, et plus largement de l’ensemble des croyants, dans notre société actuelle", ajoute l'évêque de Luçon, qui, de son côté, ne fait aucune préconisation pour son diocèse.

"Nous adhérons au souci sanitaire qui porte cette décision, mais cette décision ignore de façon incompréhensible le protocole sanitaire proposé par l’Église de France, qui n’a d’ailleurs pas été critiqué par le Gouvernement pour étayer sa décision", estime Monseigneur Scherrer, évêque de Laval. 
 

De nouveaux rassemblements dimanche

Le collectif "Objectif messe" appelle à "démontrer le ridicule de la situation", dimanche avec de nouveaux rassemblements à Nantes, La Roche-sur-Yon ou encore Lille, Rennes, Grenoble, Neuily-sur-Seine, Rambouillet...

L'annonce mardi soir par le président Macron de l'assouplissement du confinement pour les lieux de culte avec une jauge maximale de 30 personnes a fait réagir les différentes communautés religieuses. Dès la fin de son allocution, la Conférence des évêques de France (CEF) a réagi par le biais d'un communiqué de presse dans lequel elle estime que "cette mesure irréaliste et inapplicable est tout à fait irrespectueuse de la réalité de la pratique religieuse des catholiques".

"On se pose vraiment la question de savoir comment on va procéder. Car, au moment d'Hanoucca, c'est toute la communauté qui est conviée à allumer les bougies jours après jours. Et à l'occasion d'une des cérémonies, généralement le dimanche, nous organisons, une fête pour les enfants dans notre salle communautaire.",
expliquait mercredi Patrick Lalou, le président du consistoire israélite de Nantes, en évoquant la fin de l'année.

"Nous prenons acte de la situation, même si nous trouvons que cette décision est un peu éloignée de la réalité de la pratique religieuse en générale et musulmane en particulier", indiquait de son côté Mokhtar Hedia, porte-parole de l’AMA (Association des musulmans d'Angers), ajoutant que "la règle des 30 personnes est inappliquable dans notre mosquée, notamment le vendredi".







 
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