Congrès des maires de France : Emmanuel Macron tente une opération séduction

Emmanuel Macron au 100e Congrès des maires de France / © ETIENNE LAURENT / maxppp
Emmanuel Macron au 100e Congrès des maires de France / © ETIENNE LAURENT / maxppp

Le président de la République a pris la parole devant le Congrès qui réunit quelque 15.000 maires porte de Versailles à Paris. Pendant quelques secondes il a été hué. " J'ai besoin de vous " a-t-il martelé devant un auditoire plus que septique sur sa politique en matière de collectivités locales.  

Par Evelyne Jousset

Avant le discours d'Emmanuel Macron, le vice-président de l'Association des maires de France, André Laignel (PS), lui a adressé de nombreuses critiques dans un discours très applaudi. Il lui a notamment reproché "une avalanche de décisions défavorables aux collectivités locales prises depuis l'été", "sans concertation". Pour lui, "l'autonomie fiscale n'existera plus" avec "des contrats léonins imposés pour contrôler a priori nos budgets", une "réduction imposée du nombre de fonctionnaires" locaux ou encore "la suppression brutale d'emplois aidés". "Tout ceci est inacceptable et j'espère que le président de la République reviendra sur ses dispositions", a-t-il dit. Les maires sont "sacrifiés" et "la décentralisation est en danger", a conclu M. Laignel sous une ovation. 

Les élus en crise de confiance 
François Baroin, réélu président de l'AMF, a dénoncé pour sa part des contrats "léonins", "obligatoires et assortis de sanctions" pour l'encadrement des dépenses des collectivités locales. Le gouvernement veut en effet que quelques centaines de plus grandes collectivités signent avec l'Etat des "contrats" pour limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an sur 5 ans, assortis de sanctions financières si la limite est dépassée. Les collectivités qui ne signeraient pas ces "contrats" auraient les mêmes sanctions, a rappelé M. Baroin. "Sans liberté, ce ne sont pas des contrats", a-t-il insisté.

Avec cette hausse, la réduction des dépenses des collectivités sur 5 ans "sera proche de 20 à 21 milliards d'euros" plutôt que les 13 milliards annoncés par le gouvernement, a-t-il ajouté. "Cher Emmanuel", lui a lancé M. Baroin, "vous avez dit la confiance c'est l'autre, mais l'autre c'est nous et on a encore un peu de travail à faire", a-t-il dit.

" J'ai besoin de vous " 
A toutes ces critiques le Président a répondu : "J'ai besoin de vous parce que le pays ne se redressera pas avec quelques décisions, quelque loi, quelque réglement ou l'action de quelques uns", a-t-il dit. "Il ne réussira que parce que, partout sur le territoire, il y a les engagés et
les convaincus que vous êtes"


La "carte territoriale " ne bougera pas
Emmanuel Macron a assuré les maires qu'il ne toucherait pas à "la carte territoriale", malgré ses imperfections, et "garanti" que l'Etat ne "forcera pas à des regroupements de communes ni à des modifications de la carte intercommunale". "Nous perdrions du temps et de l'énergie à revoir" la carte territoriale, "et donc c'est la stabilité institutionnelle des collectivités territoriales qui sera retenue", a déclaré le président de la République, intervenant en clôture du Congrès des maires de France. 


Face à lui des maires en colère comme celui d'Ecoufflant. 

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Emmanuel Macron est attendu jeudi au 100ème congrès des Maires de France et l'accueil s'annonce glacial pour le chef de l'Etat. Les élus sont très remontés après l'annonce des baisses de dotation et de la taxe d'habitation.Parmi eux, Denis Chimier, le maire d'Ecouflant près d'Angers.





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