• faits divers
  • société
  • économie
  • sport
  • football
  • Insolite

Ensemble c'est mieux !

Du lundi au vendredi à 10.45  
Logo de l'émission Ensemble c'est mieux !

Vivre mieux : Y a-t-il encore du poisson dans le “poisson” ?

Étal de poissonnier, loin des plats préparés, ultime chance de manger du poisson frais de qualité / © Bruno Levesque / Maxppp
Étal de poissonnier, loin des plats préparés, ultime chance de manger du poisson frais de qualité / © Bruno Levesque / Maxppp

Nous consommons nous Français 24,9 kg de poisson chacun par an ! Frais pêché, vendu à l'étal du marché, ou pour les plus chanceux directement à la débarque sur les quais, mais pour l'immense majorité sous forme de plats préparés, et là, on pleure !

Par Christophe Turgis


Le poisson de la cantine des enfants est souvent à "coins carrés" pané. Celui du restaurant d'entreprise des parents de "grande profondeur" servi en sauce sans qu'on sache ce que cela désigne réellement. À la maison, pour les pressés, ou ceux qui ne veulent pas se battre avec les arrêtes, il y le plat cuisiné congelé ou le produit traiteur. C'est principalement sous ces aspects que nous consommons le poisson. Ajoutons encore les crustacés et les coquillages.


La répartition des produits dans nos assiettes

La consommation aquatique par habitant en France en 2015 / © france agrimer
La consommation aquatique par habitant en France en 2015 / © france agrimer

 

Y a-t-il encore du poisson dans le "poisson" ?

Le surimi présenté comme un produit de luxe dans les années 1970 s'est imposé partout. On ne sait pas très bien de quoi il est fait. Il aurait goût de crabe ! Mais en contient-il vraiment ? Le Surimi, pour poisson haché en Japonais, est réalisé avec une base de chair ou de pâte de poisson ! De crustacés, il en contient tout au plus des traces sous formes d'arôme naturels ou artificiels. Et la couleur rouge orangée de la coquille du crabe... c'est du paprika !

Pour autant le produit de base, le poisson n'est pas repoussant, souvent du colin d'Alaska ou du merlan bleu de l'Atlantique Nord, et parfois aussi d'autres espèces comme le merlu blanc du Pacifique, pêchés à grand renforts de méga chaluts par les grands armateurs de la pêche industrielle.

Les plats préparés permettent de "vendre" du poisson quasiment sans poisson ! 22% de poisson dans les plats préparés vendus en grande surface. Sans savoir de quelle espèce il s'agit. On voit souvent apparaître sur les étiquettes des indication de "poisson blanc"

Les parmentiers, brandade, panés, croquettes, nuggets, rillettes, surimis, soupes et plats cuisinés, issus à la fois de grandes marques et de marques distributeurs, cachent une cuisine peu ragoutante.

La plupart de ces produits sont fabriqués non pas à partir de filets de poisson mais plutôt de "chair" ou de "pulpe de poisson" dans 80% des cas.

Et derrière ces termes un peu vagues, il ne faut pas s’attendre à trouver du filet haché, mais plutôt un "mélange peu ragoutant" de chutes de filetage, desquelles sont enlevés tous les morceaux nobles (filet, darne, baron), et auxquelles s’ajoutent des arêtes, de la peau, le tout mixé dans des broyeurs à très forte pression, selon la Confédération du Logement et du Cadre de Vie qui a enquêté sur le sujet !

Et le poisson pané de la cantine des enfants ? Il en contient... peu ! Entre 70 % au mieux, et 29 % au pire ! Toujours selon la CLCV. Et que sont les 30 ou 71% restant ? De la fécule de pomme de terre...

travaux pont de Cheviré