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La France en vrai !

Découvrez les portraits de grands personnages qui ont marqué l’histoire régionale, une mise en perspective de problématiques contemporaines,  économiques, sociétales ou environnementales...  Le lundi soir, après le Grand Soir 3
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Nous, ouvriers : “nos mains ont reconstruit la France” 1945-1963 [épisode 1, lundi 29 octobre à 23h45]

On a peine à l’imaginer. Ils sont pourtant plus de sept millions de corps qui se plient, de mains qui s’activent, de sueur, de cambouis, de gestes chaque jour mille et mille fois répétés. Les ouvriers représentent encore aujourd’hui un quart de la population active française. / © 13 Productions
On a peine à l’imaginer. Ils sont pourtant plus de sept millions de corps qui se plient, de mains qui s’activent, de sueur, de cambouis, de gestes chaque jour mille et mille fois répétés. Les ouvriers représentent encore aujourd’hui un quart de la population active française. / © 13 Productions

France 3 Pays de la Loire consacre sa case documentaire à une fresque historique en trois volets qui revient sur les révolutions, les frustrations, les victoires et les échecs qui ont changé radicalement le visage du travailleur français. À découvrir lundi 29 octobre après Soir 3

Par Claude Bouchet

Peu abordé alors qu’il concerne un quart de la population active, le sort des ouvriers est étroitement lié aux épisodes les plus marquants de l’histoire de France. À travers trois documentaires diffusés simultanément sur les 22 antennes régionales, les 14, 21 et 28 mars après le Grand Soir 3, les auteurs Gilles Pérez et Claire Feinstein décrivent ce groupe difficilement définissable, car fortement dense et divers. En mettant en évidence les maux actuels et passés de cette catégorie d’actifs, les deux journalistes proposent une analyse à la pertinence tant sociologique, historique qu’économique.

On a peine à l’imaginer. Ils sont pourtant des millions. Un peu plus de sept selon les dernières statistiques. Sept millions de corps qui se plient, de mains qui s’activent, de sueur, de cambouis, de gestes chaque jour mille et mille fois répétés. Les ouvriers représentent encore aujourd’hui un quart de la population active française.
La France en bleu de chauffe et chaussures de sécurité travaille toujours.

Quand les ouvriers du textile ou de la sidérurgie diminuent, ceux du tri, de l’emballage, de l’expédition ou les conducteurs-livreurs, eux, progressent. Ils sont là et pourtant invisibles.
Car ces hommes et ces femmes ont disparu de notre champ visuel. Il faut des fermetures d’usines et des vies qui s’écroulent pour que l’on redécouvre, étonnés, leur existence.

Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, ces travailleurs étaient pourtant acclamés comme des héros. "Gueules noires" et métallos étaient alors les figures incontournables de la reconstruction et les fers de lance des plus grandes avancées sociales.

Comment une telle mutation a-t-elle pu avoir lieu ?
Cette fresque historique en 3 volets revient sur les révolutions, les frustrations, les victoires et les échecs qui ont changé radicalement le visage du travailleur français.
 


"NOUS, OUVRIERS", une série événement en 3 épisodes

Nous, ouvriers : « Nos mains ont reconstruit la France » [épisode 1] - Le 29 octobre 2018 à 23h45


Au lendemain de la dernière guerre, les ouvriers sont plus de 8 millions. La majorité d’entre eux sont des femmes. « Dans l’opinion, l’ouvrier est considéré comme le héros national, car il a résisté précocement à l’oppresseur. Comme l’a démontré, dès juin 1941, la grève des mines du Nord qui a rassemblé 100 000 mineurs », estime l’historien Xavier Vigna.

Les ouvriers sont également respectés car ils produisent le charbon indispensable à la bonne marche de la société. Ces derniers deviennent ainsi taillables et corvéables à merci. « On leur demande de travailler le dimanche et même parfois gratuitement pour relever le pays. Produire est leur devoir de classe et de patriote », leur assène-t-on. Des brigades de production sont même mises en place pour les pousser à produire toujours plus.

« On vous dit que avez sauvé la France et on foule vos droits au pied. Un an après, vous n’êtes plus rien. Ce mépris a nourri la force extraordinaire de la grève de 1948. Le mineur n’avait pas oublié le passé », explique Achille Blondeau, l’un d’entre eux… Pour contrecarrer le mouvement, Jules Moch, ministre de l’Intérieur de la SFIO, fait alors occuper le bassin lorrain par des CRS. « Nous avons revécu l’occupation nazie, sauf que ce n’était plus des uniformes allemands mais français », se souvient Achille Blondeau. À Firminy, les CRS iront même jusqu’à ouvrir le feu sur les manifestants. Bilan de cette charge menée avec l’appui de chars d’assaut et de mitrailleuses ? Deux morts et une trentaine de blessés...
 

Nous, ouvriers : « Nos rêves ont façonné la société » [épisode 2] - Le 5 novembre 2018 à 23h45

Ce second reportage s’intéresse à l’automatisation qui a redéfini la place de l’ouvrier au lendemain de la guerre. Une question se pose alors ? Les ouvriers ne sont-ils que des machines à produire ?

« Je répétais huit cents fois le même geste », se souvient Boubakar Ouldsaad, ancien ouvrier polyvalent. Ce documentaire évoque la façon dont les travailleurs à la chaîne vivent – ou plutôt subissent – un métier aussi exténuant qu’avilissant. Une analyse sociale présentée avec un passage en revue d’épisodes ayant marqué l’histoire du travail, au premiers rang desquels les grèves de Mai 68.

 

Nous, ouvriers : « Nos cœurs battent encore » [épisode 3] - Le 12 novembre à 23h45

Ils représenteraient à ce jour un quart de la population active, soit 7 millions de personnes. Pourtant, en soixante-dix ans, leur condition a profondément changé et leur nombre a significativement baissé. « Quelqu’un a-t-il voulu les tuer ? », vont jusqu’à s’interroger Claire Feinstein et Gilles Pérez, les auteurs de ce documentaire.

Une question qui appelle une réponse sans équivoque pour l’historienne Marion Fontaine : « Non, les ouvriers existent toujours bel et bien. Mais il y a un éclatement de tout ce qui politiquement, culturellement ou socialement faisait d’eux un groupe unifié. Il y a toujours des ouvriers, mais plus de classe ouvrière. »

Ce film montre la mutation profonde et douloureuse qu’ont traversé ces actifs, en se penchant sur l’influence considérable des politiques publiques. Comme lorsque, dans les années 1980, sous l’influence des multinationales, la Communauté économique européenne demande aux pays membres d’abandonner les politiques de développement industriel. Des orientations économiques qui induisent fermetures et dépôts de bilan en série.
 

Portrait d'un ouvrier



 

La marche des migrants s'est achevée par un vaste contrôle d'identité