Ayrault “premier ministrable” selon l'AFP

© F3 PdL
© F3 PdL

Le Député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault aurait de bonnes chances d'être Premier ministre, selon l'AFP.

Par LQ, ,avec AFP

En cas de victoire du socialiste François Hollande à l'élection présidentielle le 6 mai prochain, Jean-Marc Ayrault serait en bonne position pour être nommé au poste de Premier ministre, écrit ce matin l'Agence France Presse dans une dépêche, en se basant sur des confidences recueillies auprès de cadres du PS.

L'AFP l'affirme : Ils ne veulent pas en parler, ce serait "prématuré", "irrespectueux pour les Français". Pour autant, Martine Aubry, numéro un du PS et Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes, sont "premiers ministrables" en cas de victoire de François Hollande le 6 mai.

"C'est un choix politique que fera seul François Hollande, s'il est élu, mais il devrait se faire entre Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault", dit à l'AFP le président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen.

Martine Aubry ou Jean-Marc Ayrault ?

"Cela dépendra de l'issue du premier tour. S'il (Hollande) a les coudées franches, il mettra un fidèle comme Ayrault. Si Mélenchon explose le compteur, cela favorisera Aubry, plus marquée à gauche avec les 35 heures etc.., quitte à s'accomoder de son caractère ombrageux", souligne un responsable du PS qui ne veut être cité.

Le candidat lui-même a laissé le jeu ouvert en expliquant : "cela correspond à des logiques politiques et pas simplement le choix de l'expérience, même si ça compte l'expérience". Une certitude : il choisira un "socialiste" car "c'est la logique", à qui reviendra "de mener la campagne législative".

Martine Aubry tient la corde

Que répondent les intéressés ? "C'est déplacé d'en parler aujourd'hui", répète Martine Aubry qui dit n'avoir qu'un seul objectif qui la "comblerait entièrement" : "avoir un président de gauche le 6 mai".

Mais quand on lui parle de sondages qui la placent devant Ayrault, elle lâche : "ça montre que les Français se souviennent du boulot que j'ai fait" à la tête d'un parti qu'elle a trouvé dans une situation délicate en 2008, après un nouvel échec à la présidentielle.

Elle fait observer qu'il y a moins de différence de ligne entre elle et François Hollande qu'il n'y en avait entre Michel Rocard et François Mitterrand, répondant à ses détracteurs qui prédisent dans ce cas "une nouvelle cohabitation".
Quant au prochain gouvernement, elle estime que 15 ministres, comme l'a suggéré Hollande, "c'est trop peu", et suggère la mise en place de "chefs de pôle" permettant plus d'interaction entre les ministres.

Un dirigeant du parti assure que Martine Aubry, 61 ans, "tient la corde": "parce qu'il faudra tenir compte du score de Mélenchon, parce qu'elle est arrivée deuxième à la primaire, qu'elle a été ministre et numéro 2 du gouvernement Jospin ou encore par son travail à la tête du parti". Avec Ayrault, "trop proche de Hollande, il n'y aurait pas de plus-value", ajoute-t-il.
Pour Laurent Fabius, le choix de "Martine Aubry, c'est la logique politique, c'est que les gens attendent". 

Jean-Marc Ayrault, un proche de Hollande

Jean-Marc Ayrault, qui était déjà en 2007 un premier ministrable pour Ségolène Royal, est aussi prudent que Martine Aubry. Il "n'évoque jamais le sujet" car "ce serait irrespectueux pour les électeurs". Son objectif : "tout faire pour que François Hollande devienne président, puis qu'il gagne une majorité parlementaire".

Le député-maire de Nantes n'hésite cependant pas à décrire sa proximité avec Hollande, depuis 1997, quand il prend la tête des députés PS, et avec qui il est associé aux grandes décisions du gouvernement Jospin (1997-2002).
Façon de répondre à ceux qui critiquent son absence d'expérience ministérielle qui reste toutefois son plus lourd handicap quand François Hollande n'a jamais non plus été ministre.

Il met en avant ses 22 ans d'expérience de maire et ses 15 ans à la tête des députés PS : "j'ai une double expérience, celle de l'élu d'une grande ville et la présidence d'un groupe parlementaire, à la fois dans la majorité et dans l'opposition, avec le souci de mettre en action les gens en fonction de leur qualité et non pas de leur étiquette".

"Il a une image de sérieux et de personne humble. C'est forcément un atout", dit son entourage, pour qui "il apparaît comme un homme neuf malgré ses 61 ans".
Autre carte entre ses mains : les liens qu'entretient ce germanophile avec l'Allemagne.

Sur le même sujet

Archive avril 2015 : arrêt projet la médiathéque

Les + Lus