Le Mans : la scolarisation de Marina

© Fabrice Tourmez pour France 3 pays de la Loire
© Fabrice Tourmez pour France 3 pays de la Loire

Témoignages ce matin de l'équipe éducative qui a connu la première scolarisation de Marina à Parennes (72).

Par Fabienne Beranger avec AFP

L'équipe éducative qui a connu la première scolarisation de Marina, morte de maltraitances en 2009, a témoigné mercredi devant la cour d'assises de la Sarthe des premiers signes alarmants et de la  difficulté de faire reconnaître les maltraitances de la petite fille.

Lors de sa première scolarisation à Parennes (Sarthe) à l'âge de six ans, "à la récréation elle essayait de rentrer dans la classe, elle disait que c'était pour faire pipi mais en fait c'était pour essayer de manger le goûter des autres enfants", témoigne une assistante scolaire.

"La mère disait que sa fille était boulimique, qu'elle mangeait tout le temps, que c'était une maladie", explique l'assistante scolaire.
 
Quant aux bleus et aux absences répétées de la fillette, "les parents avaient toujours des explications", des chutes, des accidents ménagers, assure-t-elle.

Une enseignante qui va accueillir la fillette à mi-temps dans sa classe à la rentrée 2007 se souvient d'une "petite fille qui interpellait beaucoup par son physique: elle avait une démarche particulière, elle était très petite pour son âge, très peu de cheveux "mais aussi "le ventre très souvent gonflé".

Déjà fin septembre, elle remarque que "Marina avait souvent des bleus", puis la petite fille va avoir une longue absence.

"On s'est inquiété, on a fait un signalement à l'Education nationale". Un rendez-vous est pris fin janvier. Les parents arrivent avec une Marina le visage boursouflé,couvert d'une épaisse couche de crème.

"Les parents nous disent qu'elle fait une conjonctivite avec réaction allergique, ils n'ont pas voulu que je l'approche. Ils nous ont parlé d'une maladie immunodéfensive, qu'elle était suivie par un spécialiste à Paris", explique l'enseignante.

Elle alerte le médecin scolaire qui va considérer que Marina ne porte pas de marques alarmantes, mais surtout que "son père est charmant". Désarmée et malgré ses suspicions, l'enseignante a fait état mercredi devant la cour de son impuissance.

Eric Sabatier et Virginie Darras, âgés de 40 et 33 ans et en procédure de divorce, sont accusés d'actes de tortures et de barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné la mort. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

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