Une caméra cachée révèle les conditions de vie à l’Ehpad de Paimboeuf

© Capture d'écran Google Street View de la maison de retraite de Paimbœuf, en Loire-Atlantique
© Capture d'écran Google Street View de la maison de retraite de Paimbœuf, en Loire-Atlantique

Dans un reportage sur le manque de personnel en maison de retraite, France 2 a filmé en caméra cachée l’Ehpad de Paimboeuf. Six minutes pour faire une toilette, des résidents qui attendent près d’une heure après avoir fait leur besoin… Les témoignages sont édifiants.

Par P.S.

Dans un reportage sur les maisons de retraite en souffrance, France 2 a tourné en caméra cachée dans ce que la chaîne décrit, sans le nommer, comme un « établissement public ». On aura cependant reconnu, dans la première partie de la vidéo) l’Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de Paimboeuf, dont les salariés étaient en grève en août dernier. Ils dénonçaient leurs conditions de travail et les conditions de vie des résidents.

Une résidente s'échappe

Le jour du tournage de France 2, un week-end, personne n’est présent à l’accueil, il n’y a aucune surveillance à l’entrée. Une résidente visiblement troublée va parvenir à s’échapper avant que les journalistes ne préviennent le personnel.

Ce jour-là, elles sont deux aides-soignantes pour 20 résidents. Avant le repas du soir, elles ont deux heures pour déshabiller, aider les pensionnaires à aller aux toilettes, les mettre en pyjama : 6 minutes par personnes. « Les dents on ne les fait pas tous les jours, je vous le dis franchement. On les fait peut-être deux fois, trois fois maximum par semaine », témoigne l’une des soignantes, sous couvert d’anonymat.


Brossage des dents

« Je n’ai pas pris de bain depuis le mois de mai, pas vraiment de douche non plus, on me nettoie dans le lit », raconte une pensionnaire. Elle paie 2000€ par mois. Le matin du reportage, elle a attendu presque trois quart d’heures avant d’être changée. Avec ses mots, elle dénonce : « J’avais les fesses qui trempaient dans le bouillon. A force j’ai des bobos, ça me brûlait. »

 

Je n’ai pas pris de bain depuis le mois de mai, pas vraiment de douche non plus, on me nettoie dans le lit
« Ce n’est pas de la maltraitance voulue par l’établissement, ni par les soignants », précise le directeur de l’établissement. « Ce qu’on peut garantir à chacun des résidents c’est que l’hygiène est assurée pour l’ensemble des résidents ». Et le lavage de dents, demande la journaliste ? « C’est quelque chose qu’on doit améliorer. »

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