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Rave-party à Grand-Auverné, au sud de Châteaubriant : les agriculteurs brandissent la menace du lisier

Des ravers menacés par le lisier à Grand-Auverné le 23 mars 2019 (photo d'illustration) / © SYLVAIN THOMAS / AFP
Des ravers menacés par le lisier à Grand-Auverné le 23 mars 2019 (photo d'illustration) / © SYLVAIN THOMAS / AFP

Samedi soir, un millier de jeunes ont investi une parcelle de terrain à Grand-Auverné, dans le nord de la Loire-Atlantique. Une quinzaine d'agriculteurs ont choisi la méthode forte pour stopper leur rave-party.

Par Fabienne Béranger

L'histoire débute vers 20 heures, le samedi 23 mars dernier. Les habitants de Grand-Auverné, à une quinzaine  de kilomètres au sud de Châteaubriant, voient débarquer des voitures et des camions.

Des tentes et une sono sont installées sur une parcelle de 7 hectares. De l'herbe destinée au fourrage des bêtes. "une parcelle prévue pour la récolte d'ici une semaine ou deux", explique Dominique Dauffy, agriculteur à Grand-Auverné, arrivé sur les lieux vers 2h30 du matin.

"La moitié de la parcelle est saccagée, piétinée", explique l'agriculteur, également conseiller municipal de Grand-Auverné, "ils avaient délimité la moitié de la parcelle avec de la rubalise donc il n'y a plus rien sur la partie utilisée".

Montant estimé du préjudice, "entre 1 000 et 1 500 euros juste pour le fourrage, mais il y aussi le préjudice moral, important pour l'agriculteur", explique Dominique Dauffy, "et puis j'y suis retourné hier, ils ont fait ce qu'ils ont pu pour nettoyer le terrain, mais les déjections, les serviettes hygéniques, les papiers, ils n'ont pas ramassé".

Un millier de ravers

Car samedi soir, les lieux ont été investis petit à petit par les teufeurs. A minuit, un millier de jeunes se trouvent sur place. C'est alors que les agriculteurs s'organisent et contre-attaquent.

Le maire, par ailleurs agriculteur, et le propriétaire de la parcelle essaient tout d'abord de négocier, en vain.
"On a négocié de minuit à 2 heures du matin, ils nous prenaient pour des rigolos, en nous disant qu'on faisait du bluff", explique Dominique Dauffy. 

C'est alors que les agriculteurs sortent le plan B. Vers 3 heures du matin, deux tonnes à lisier, deux épandeurs de fumier et des tracteurs, arrivent sur place.

"Ils nous ont bloqué l'accès au champ, il aurait fallu foncer dans le tas avec les tracteurs pour y accéder et épandre mais on ne voulait pas en arriver là" - Dominique Dauffy.

"Ils avaient arrêté le son. On a renégocié jusqu'à cinq heures du matin pour qu'ils enlèvent le groupe électrogène, ce qui nous confirmerait qu'ils ne redémarreraient pas". 

Les organisateurs pensent toujours que les agriculteurs bluffent. Ils ouvrent eux-même les robinets des tonnes à lisier, "il y en a qui s'en sont rempli les chaussettes".

Ayant l'assurance que la fête est finie, les agriculteurs, au vu de "leur état pitoyable par l'alcool et la drogue" autorisent les teufeurs à rester sur place jusqu'à dimanche, "il y avait des stands, ce n'était pas des stands qui vendaient des crêpes" précise Dominique Dauffy.

Les derniers ravers quitteront finalement les lieux mardi matin.

Quant à la parcelle saccagée, elle ne pourra pas être utilisée avant un bon moment, car "une capsule de bière ou une canette métallique qui passe dans une faucheuse est broyée en plusieurs petits morceaux qui vont dans le fourrage", explique Dominique Dauffy, "on ne peut pas prendre le risque de donner ce fourrage aux animaux. L'agriculteur ne prendra pas le risque de récolter le reste".

Des rave-partys récurrentes sur le secteur

En un an, c'est la troisième rave-party dans le secteur de Grand Auverné "sans compter le multison de Teillé en octobre dernier".

"On est intervenus à Moisdon-la-Rivière il y a un an et demi, on avait aussi mobilisé les agriculteurs", rappelle Dominique Dauffy qui souligne que samedi soir, "on a appelé les collègues qu'on savait pouvoir gérer mais on était une quizaine face à un millier de personnes", précise Dominique Dauffy, "même les gendarmes s'étaient mis en retrait, on ne les voyait plus".

"Ce n'est pas au monde agricole de gérer ce genre d'évènement"
, estime Dominique Dauffy, qui précise, "au niveau des tribunaux en Loire-Atlantique, ils sont vraiment très laxistes, contrairement à l'Ille-et-Vilaine ou le Maine-et-Loire où ils saisissent le matériel asez rapidement".

L'agriculteur et élu de Grand-Auverné laisse entendre que les agriculteurs pourraient ainsi mener des actions auprès des services de l'Etat, sous-préfecture et préfecture en tête, pour faire bouger les lignes.







 

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