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Cordemais : fermer la centrale reviendrait à «prendre de grands risques»

Les transfos électriques n'ont pas supporté la chaleur, comme ici à Cordemais / © BERTRAND BECHARD - MaxPPP
Les transfos électriques n'ont pas supporté la chaleur, comme ici à Cordemais / © BERTRAND BECHARD - MaxPPP

Les élus du comité central d'entreprise d'EDF se sont opposés ce jeudi au projet de fermeture anticipée des centrales de Porcheville (Yvelines/Île-de-France) et Cordemais, en Loire-Atlantique, arguant que ce serait "prendre de grands risques sur la sécurité d'approvisionnement du réseau électrique".

Par OC, avec AFP

Ce projet, présenté jeudi aux élus du comité central d'entreprise (CCE) d'EDF SA, prévoit la fermeture en 2017 de deux premières tranches de la centrale au fuel de Porcheville, puis en 2018 des deux autres tranches de la même centrale, ainsi que de deux tranches à Cordemais, dans notre région, en Loire-Atlantique. Cette centrale de Cordemais est mixte (fuel et charbon). Au total, selon le CCE d'EDF, ces fermetures représenteraient sur les deux années l'équivalent de 3.800 MW de production.

Ces fermetures reviennent à "spolier le service public et à prendre de grands risques sur la sécurité d'approvisionnement du réseau électrique", soulignent les élus du CCE qui estiment que les "seuls arguments" motivant ces annonces sont "d'ordre financier".

Les élus ne peuvent pas convenir d'un avenir où la seule réponse aux demandes de dépassement de consommation serait des coupures d'électricité massives pour préserver l'équilibre du réseau"


Les syndicats CGT, CFE-CGC, CFDT et FO d'EDF avaient appelé les salariés à se mobiliser "massivement" pour la "pérennité" de l'entreprise, "du service public et des emplois". Cet appel à manifester sur les sites de production s'est traduit ce jeudi matin par une baisse de charge cumulée de 9.000 MW, selon Marie-Claire Cailletaud, de la fédération CGT Mines Energie, première organisation syndicale du secteur.

Parallèlement, des salariés des centrales thermiques menacées se sont rassemblés à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), où siège le CCE d'EDF, pour signifier que les élus "ne peuvent pas convenir d'un avenir où la seule réponse aux demandes de dépassement de consommation serait des coupures d'électricité massives pour préserver l'équilibre du réseau".

140 salariés à Cordemais mais "pas de licenciement" promet EDF

Les centrales de Porcheville (210 salariés) et Cordemais (140 salariés), qui sont utilisées en cas de pic de consommation, par exemple par grand froid, ont été "modernisées" ces dernières années pour être conformes aux normes environnementales, avait expliqué mardi un représentant CGT. Selon la CFE-CGC Energie, avec ce projet de fermeture, EDF "condamne une filière industrielle et supprime au moins 350 emplois directs et des centaines d'emplois indirects". Une source proche de l'entreprise avait indiqué qu'en cas de fermeture, il n'y aurait "pas de licenciement".

"Après les annonces de plus de 4.000 suppressions d'emplois, les projets de privatisation des centrales hydrauliques, le plafonnement idéologique de la production nucléaire, la déréglementation des tarifs régulés, il s'agit d'un nouveau coup terrible porté
à l'industrie de notre pays", ajoute le CCE d'EDF.

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