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Distilbène : le combat d'un couple de La Baule contre UCB Pharma

Sylvie Le Cossec et son fils Julien victime du Distilbène / © DR
Sylvie Le Cossec et son fils Julien victime du Distilbène / © DR

Sylvie Le Cossec et son époux Loïc poursuivent UCB Pharma. C'est leur troisième procès contre le laboratoire. Ils sont les parents d'un enfant lourdement handicapé. En cause, le Distilbène, un médicament prescrit aux femmes enceintes entre 1950 et 1977 pour prévenir les fausses couches.
 

Par FB avec Emma Vinzent

Julien Le Cossec a aujourd'hui vingt ans, mais il a l'autonomie d'un nouveau né. C'est un médicament, le Distilbène, qui a causé son polyhandicap.

La grand-mère de Julien, alors enceinte de sa fille, Sylvie, prend du Distilbène. Il est censé prévenir les fausses couches.

Au lieu de cela, il entraîne une malformation de l'utérus chez Sylvie. Elle donnera ensuite naissance à son fils Julien prématurément. L'enfant souffre de graves lésions au cerveau.
En 2014, Sylvie attaque le laboratoire UCB Pharma en justice. Elle est reconnue victime du Distilbène et obtient une première indemnisation.

Deux ans plus tard, un lien est établi entre le médicament et le handicap de Julien, il est, à son tour, reconnu victime.

Je vous accuse vous : UCB Pharma, de nous avoir volé notre sérénité, et ça à vie ! - Sylvie Le Cossec, maman de Julien, polyhandicapé

Aujourd'hui, les Le Cossec demandent une chose : être reconnus tous deux comme parents victimes.

"On attend une reconnaissance humaine et financière en tant que parents victimes du Distilbène", a expliqué Sylvie Le Cossec, à l'issue de l'audience de ce mardi 16 avril au TGI de Nanterre..

"Vivre avec Julien, enfant handicapé, nous demande une présence permanente au- delà de ce que vous pouvez imaginer. Un grand nombre de couples avec des enfants handicapés se déchirent par la lourdeur de la tâche et l'absence de l’insouciance". Dans une lettre ouverte au laboratoire, Sylvie pointe du doigt les sacrifices de son couple, "vous avez l'arrogance de prétendre que nos carrières professionnelles n'ont pas été impactées par le laboratoire UCB Pharma, ineptie totale".

Une instabilité professionnelle et des frais de prise en charge très élevés. Pour l'accompagnement en foyer de Julien, ses parents doivent débourser plus de 70 000 euros chaque année.

"Tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un préjudice, la question c'est : quel en est le montant ?", a expliqué Maître Martine Verdier, avocate des époux Le Cossec, à l'issue de l'audience ce mardi devant le TGI de Nanterre.

Un premier rapport d'expertise a chiffré à 1,9 millions d'euros le montant de l'indemnisation, montant revenu à la baisse, "allégé avec des coefficients de pondération qui ne sont pas compréhensibles, donc il faut qu'on s'entende, qu'on discute sur ces pourcentages pour avoir le prix juste de la reconnaissance"

Le TGI de Nanterre devrait rendre sa décision sur le montant de la provision à verser aux époux Le Cossec le 28 mai prochain.
 

UCB Pharma et Novartis déjà condamnés


En 2011, dans une décision qui a fait jurisprudence, la Cour d'appel de Versailles a reconnu un lien entre la prise de Distilbène et un handicap à la troisième génération.

Le 26 octobre 2012, Marie-Elise Pesenti, une jeune femme alors âgée de 26 ans et atteinte d'un cancer de l'utérus, a été reconnue victime du Distilbène. Les laboratoires UCB Pharma et Novartis ont été condamnés par la cour d'appel de Paris à lui verser la somme de 213 000 euros.

Le 4 mars dernier, le laboratoire UCB Pharma a été condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à verser 2,96 millions d'euros à un jeune homme souffrant d'un handicap indirectement lié au fait que sa grand-mère avait pris du Distilbène pendant sa grossesse.

Au moins 160 000 enfants, nés pour la plupart dans les années 1970, auraient été exposés, pendant la grossesse de leur mère, à la molécule diéthylstilbestrol (DES), commercialisée sous la marque Distilbène par Ucepha (aujourd'hui UCB Pharma) et la marque Stilboestrol-Borne par Borne (actuel Novartis). 





 

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