Airbnb et la ville de La Baule unis pour lutter contre la spéculation immobilière

Publié le Mis à jour le
Écrit par Manon Le Charpentier avec Séverine Bourgault

Sur le littoral, les biens immobiliers à vendre ou à louer sont de plus en plus rares. Les locations saisonnières sont privilégiées, car très rentables. Mais face à cette spéculation immobilière, le maire de la Baule a noué un partenariat avec la plateforme en ligne Airbnb afin de limiter ces possibilités de location.

La Baule c’est près de 60 % de résidences secondaires et 2 000 locations saisonnières dont 800 enregistrées sur Airbnb, la plate-forme américaine de location en ligne.

Anne-Françoise en gère une vingtaine pour le compte de propriétaires Baulois. "En terme de proportion, c'est quand même plus des résidences secondaires, voire des investissements locatifs en fait, où les propriétaires viennent, mais peu. Ils privilégient, pour rembourser leurs emprunts en général, les voyageurs", explique-t-elle. 

De l’investissement locatif qui nourrit la spéculation immobilière à la Baule. Le prix médiant d'une maison a augmenté de moitié en 5 ans.

Une tendance que le maire LR de La Baule, Franck Louvrier, tente de réguler : "La spéculation immobilière, c'est très simple : c'est d'acheter de nombreux appartements et de ne faire que de la location saisonnière. C'est à dire qu'en fin de compte, c'est de pouvoir essayer de prendre le maximum d'appartements sur un marché, parce que l'on sait qu'ici, on loue cher".

Des appartements qui ne vivent que 3 mois de l'année, en été

Franck Louvrier

Maire de La Baule

Et principalement sur les périodes les plus chères, c'est à dire les périodes d'été. "C'est donc un appartement qui ne vit que 3 mois de l'année sur 12. C'est dommage, il y a plein de gens qui veulent vivre 12 mois sur 12 ici", déplore le maire de La Baule.

Plusieurs solutions ont été adoptées par la mairie cette année comme la limitation à deux locations saisonnières par propriétaire. Airbnb vient de s'engager à aider la municipalité à identifier les contrevenants.

"Moins de 2 à 3 % de multi-propriétaires"

De son côté, Airbnb se veut rassurant : "Sur les chantiers que l'on a fait, on a moins de 2 ou 3 % de ce que j'appellerai "multi-propriétaires. Donc ce n'est pas beaucoup en termes de volumes, néanmoins, ça devrait pas exister et la réglementation locale devrait être respectée. Et c'est pour cela que l'on va commencer par ces 2 ou 3 %".

"L'hystérisation de la location saisonnière"



Une quarantaine d’annonces devraient ainsi être suspendues l’année prochaine. Pour cette association de défense des consommateurs, ce partenariat et ces mesures vont dans le bon sens mais ne seront pas suffisants.

"On sait que ça reste très limité comme effet dans une région comme le Pays basque, par exemple, où les prix ont considérablement augmenté et c'est pas seulement l'attrait de la station, c'est aussi "l'hystérisation" de la location saisonnière qui est rendue possible par des plateformes comme Airbnb", explique Hervé Le Borgne, d'UFC Que Choisir.

La ville comptait 500 locations saisonnières en 2017, c’est quatre fois plus aujourd'hui.

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