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Nantes : misère et canicule, les migrants en première ligne

Manifestation des collectifs de soutien aux migrants devant le conseil communautaire. / © Inter-collectif "personne à la rue"
Manifestation des collectifs de soutien aux migrants devant le conseil communautaire. / © Inter-collectif "personne à la rue"

L'intercollectif "personne à la rue" a de nouveau interpellé les élus de la métropole afin qu'ils proposent des solutions d'hébergement d'urgence notamment pour les quelques 300 migrants qui occupent toujours  le gymnase de Saint-Herblain. 

Par Sandrine Gadet

"Cette nuit la plupart des gens ont dormi quelques heures, dehors, à même le macadam... à l'intérieur du bâtiment la chaleur était trop intenable" rapporte François Prochasson l'un des animateurs de l'intercollectif  "Personne à la rue".
Depuis le mois d'octobre 2018, quelques 300 exilés, dont des femmes et des enfants, vivent dans des conditions d'extrême précarité au gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain. Des conditions rendues plus infernales encore par ces temps de canicule. "Il n'y a pas de douche, rien pour faire la vaisselle, les personnes sont nourries grâce aux dons de l'Autre Cantine... la situation est épouvantable" décrit encore François Prochasson.

Migrants et Roms, une même vulnérabilité face à la canicule


A ces situations d'urgence s'ajoute depuis mercredi celle des familles roms expulsées du quai Cormerais, toujours à Saint-Herblain.
La trentaine de famille installée là depuis le mois de janvier a été délogée par les forces de l'ordre..."Au moment où le ministre de l'agriculture interdit le transport des animaux par ces fortes chaleurs, on n'hésite pas à remettre ces familles sur la route, c'est scandaleux", proteste Annick Plou du collectif RomEurope.

Ce vendredi matin, des militants associatifs et une centaine d'exilés se sont rassemblés devant le conseil métropolitain pour demander aux élus de l'agglomération de contribuer à la mise à l'abri de ces migrants de l'Est ou d'Afrique. 

Elus interpellés


"Nous avons interpellé Johanna Rolland, mais à part nous suggérer d'écrire à la Préfecture, elle n'a pas semblé vouloir insister sur la solidarité nécessaire pour répondre à ces situations d'urgence" commente François Prochasson. 

La présidente de Nantes Métropole a aussi réitéré sa proposition de mettre à disposition des associations 70 places au gymnase Gaston Turpin. Pour François Prochasson, une réponse qui n'en est pas une: "Nous avions suggéré à la Préfecture d'y placer les personnes malades, les plus fragilisées mais elle a refusé...c'est défi à la loi, et un choix d'inhumaité terrifiant".

Dans l'agglomération, de nombreux maires jouent la carte de la solidarité. À Rezé, Saint-Herblain ou la Chapelle-sur-Erdre des maisons sont mises à dispositions de migrants permettant d'héberger une cinquantaine de personnes, "mais ce n'est pas suffisant. Et pourtant on sait que des bâtiments sont vides. On ne s'en sort pas", déplore encore François Prochasson qui pointe les positions de la Préfecture de Loire-Atlantique.

Pour rappel, Serge Boulanger, secrétaire général de la Préfecture avait dénoncé "l'appel d'air", qu'entraînait le soutien aux migrants à Nantes. Il avait déclaré le 17 juin dernier à nos confrères de Presse-Océan: "Il faudrait aussi que toutes les personnes qui se sont enregistrées dans un autre département puissent y retourner. Elles pourront très certainement s’y faire héberger beaucoup plus facilement qu’en Loire-Atlantique. On n’est pas là pour être le réceptacle de tous les autres départements".

Mercredi prochain à 17h, canicule ou pas les membres des collectifs de soutien aux migrants appellent à un nouveau rassemblement devant la Préfecture.


 

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