Agression d'un conducteur de tram à Nantes : quand élus de droite et de gauche s'écharpent sur les réseaux sociaux

Nantes, son château, son miroir d'eau et ses tramways / © Olivier Quentin
Nantes, son château, son miroir d'eau et ses tramways / © Olivier Quentin

A quatre mois des élections municipales, les élus nantais se livrent bataille par tweets interposés au sujet de l'agression du conducteur de tram mardi soir.

Par Fabienne Béranger

Son message sonne comme un discours de campagne. Valérie Oppelt, candidate LREM à la mairie de Nantes pour les prochaines municipales, dénonce "la politique de déni de l'équipe municipale actuelle concernant la situation très dégradée de la sécurité dans Nantes" qu'elle estime "préoccupante. Les agressions, les vols, les fusillades, le trafic de drogues se multiplient et il est temps d'agir avec force. Rétablir un cadre de vie apaisé et sécurisé pour toutes et tous est urgent".

La candidate conclut son communiqué en s'engageant "avec responsabilité. Nous mettrons en place des mesures efficaces, appropriées au niveau de gravité et à la hauteur des enjeux. Les Nantaises et les Nantais l’exigent. Nous le ferons".
Réplique du socialiste Pascal Bolo, premier adjoint au maire de Nantes et président de la Semitan, "Et à part un copier/coller de la phraséologie la plus droitière et la plus démagogique en guise de réaction, vous faites quoi Mme la Députée ? Qui a pour mission de contrôler l’action du gouvernement ? Moi qui agit au quotidien ou vous qui commentez ?".
De son côté, Laurence Garnier, conseillère municipale et candidate LR aux prochaines élections estime qu'il faut désormais "pacifier" la ville de Nantes, estimant que "la sécurité est plus que jamais un enjeu crucial pour notre ville".
Julien Bainvel, conseiller municipal LR, rappelle qu'il n'a "cessé d’intervenir pour proposer des mesures concrètes pour assurer sécurité des salariés et usagers des transports publics. Election peut avoir lieu dans 2 5 ou 10 ans, je réagirai de la même manière L’heure n’est plus à la compassion mais à l’action !".
Dans un communiqué, les élus écolos et citoyens de Nantes dénoncent "les actes de violence, les incivilités et les agressions qu’ils subissent régulièrement dans le cadre de leur mission et réitérons notre positionnement depuis le début du mandat pour une présence humaine renforcée dans les transports collectifs et des moyens supplémentaires dans la prévention et la sensibilisation".
Face à cet enchaînement de réactions, Johanna Rolland, la maire de Nantes, s'est emportée,  lors d'une conférence de presse ce mercredi après-midi, visant particulièrement Valérie Oppelt. 

"Utiliser l’agression sauvage d’un homme à des fins électorales n’est pas au niveau et est une honte. Surtout quand on est représentant de l’État, les Nantais sont en droit d’attendre un débat d’un autre niveau. Une campagne électorale n’autorise pas tout, surtout quand on fait des tweets et des débats, mais pas d’action. À quel moment MmeOppelt a-t-elle agi ?", rapporte Presse-Ocean.

Mardi en début de soirée, un conducteur de la ligne 3 du tram a été agressé par un groupe de jeunes à la station Trocardière à Rezé. Il a reçu des coups à la tête et au visage, s'en tirant avec "une plaie profonde de 2 cm au niveau du nez, une plaie saignante à la lèvre ainsi que plusieurs ecchymoses au niveau de l’oeil gauche et de la pommette", comme l'a précisé la police de Nantes. 

Les conducteurs du dépôt de Saint-Herblain ont refusé ce mercredi matin de prendre leur service. La Semitan a suspendu le trafic des trams et bus pour la journée.




 

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