Coronavirus : au CHU de Nantes les soignants positifs au covid peuvent continuer de travailler

Deux médecins du CHU testés positifs au covid ou symptomatiques continuent de travailler au service médical d'urgence (SAMU). La multiplication des cas touche de nombreux services selon les syndicats, la CGT, majoritaire, réagit vivement.

Les Urgences du CHU de Nantes quai Moncousu
Les Urgences du CHU de Nantes quai Moncousu © Vincent Raynal - France 3 Pays de la Loire
Voici encore une information qui va ajouter de la confusion à la confusion ambiante. Faut-il se protéger, ne pas venir travailler si on est contaminé pour ne pas contaminer plus de personnes comme le demande la Sécurité Sociale? On pouvait penser que les recommandations des autorités de santé s'appliquaient à toutes et tous.

Sauf au CHU de Nantes semble-t-il, même si la direction se défend de pratiquer autre chose que les recommandations des mêmes autorités de santé.
 

De la maltraitance institutionnelle

La CGT révèle que des médecins positifs et symptomatiques continuent de travailler. Des "on dit" du côté de la CFDT indiquent que le taux de positivité au CHU serait supérieur à celui de la population du département de Loire-Atlantique !

La direction se refuse à communiquer sur cette question au nom du secret médical ! Certes, mais on ne lui demande pas non plus les noms et les adresses des personnes positives...

"Nous avons un Comité d'hygiène sécurité et conditions de travail auquel la direction ne communique aucune information, et ce sont les collègues qui nous alertent".
Olivier Terrien, le secrétaire général CGT du CHU est en colère. 
"Nous sommes dans une situation de maltraitance institutionnelle, la direction joue à la roulette russe avec la santé des agents, En réanimation, 11 sont testés positifs, si on continue on va devoir fermer le service".

Le Haut conseil à la santé publique prévoit que dans des circonstances exceptionnelles, et pour assurer la continuité des soins, une dérogation à la règle devra permettre la continuité des soins.
 

Risque faible selon le chef des urgences

Dans un tweet, le chef des urgences veut croire que le risque est faible de contaminer un patient. Se référant à une étude nord américaine. 

Risque faible, une remarque qui fait réagir sous couvert d'anonymat dans les services. Plutôt deux poids deux mesures dans des hôpitaux en manque de personnel. "Pourquoi dans les Ehpad on ferme aussitôt les établissements dès qu'un cas est détecté, et pas dans les services du CHU ?"

Les personnels infirmiers font valoir par exemple, et sous couvert d'anonymat toujours que, dans un service donné, "qui compte en temps normal 5 personnels infirmiers, on en compte 1 en congé, et 2 en arrêt de travail longs pas remplacés... Comment peut-on dans ces conditions assurer que toutes les précautions sont prises ?" s'interroge une infirmière.

"On a reprogrammé des opérations décalées durant le confinement, les collègues nous appellent pour nous dire combien ils sont fatigués, en ont marre", conclut Olivier Terrien.
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