Coronavirus : en Loire-Atlantique, le confinement fait chuter le nombre de ... cambriolages

Beaucoup moins de cambriolages depuis le début du confinement, y compris dans les résidences secondaires en Loire-Atlantique. / © France Télévisions Olivier Quentin
Beaucoup moins de cambriolages depuis le début du confinement, y compris dans les résidences secondaires en Loire-Atlantique. / © France Télévisions Olivier Quentin

Si le nombre d'appels au 17 a explosé en début de confinement, c'est principalement pour des demandes de renseignement quant aux limitations de déplacement. En revanche, le nombre de cambriolages a fortement baissé y compris dans les résidences secondaires. 

Par Olivier Quentin

Sale temps pour les cambrioleurs, les affaires vont mal, très mal. 

C'est l'un des effets du confinement, les appels au 17 pour signaler un cambriolage ont baissé, et même chuté. 

"On était déjà dans une tendance baissière au début du mois de mars, constate Benoît Desferet, le Directeur Départemental de la Sécurité Publique, mais depuis le début du confinement, c'est une baisse assez drastique."
 

Les cambiolages ont diminué de moitié

Le plus étonnant c'est que cette baisse ne concerne pas que les domiciles où, effectivement, la présence permanente des habitants a pu décourager les malfaiteurs, mais aussi les résidences secondaires et mêmes les commerces et les locaux industriels. 

"Avec le peu de circulation et les contrôles explique le patron de la police de Loire-Atlantique, c'est difficile de se fondre dans la masse !" 

Dans le secteur de La Baule, on note apparemment une nette baisse des atteintes aux résidences secondaires. Sur le département, c'est 47 % de cambriolages en moins depuis le début du confinement.

Même constat pour ce qui est de la délinquance, des atteintes aux biens, vols avec violences : - 50 à - 70 %.

Les missions de la police nationale se sont recentrées sur des tâches prioritaires que sont le contrôle du confinement et Police Secours.

Au début du confinement, les appels quotidiens au 17 avaient d'ailleurs été presque multipliés par deux, passant de 700 à 1200. Mais il s'agissait pour partie, selon Benoît Desferet, de demandes de renseignements quant à l'utilisation des attestations de déplacement dérogatoire. Depuis, le 17 chauffe moins mais gare au voisin vigilant qui appelle pour signaler un attroupement, ça, ça fonctionne bien.
Les interventions pour des différents familiaux ou de voisinage ont augmenté de 68 % sur le département de la Loire-Atlantique. / © France Télévisions Olivier Quentin
Les interventions pour des différents familiaux ou de voisinage ont augmenté de 68 % sur le département de la Loire-Atlantique. / © France Télévisions Olivier Quentin
 

Le confinement crée des tensions

En revanche, le nombre d'interventions pour des différends familiaux, conjugaux entre époux ou concubains ou de voisinage a considérablement augmenté : + 68 %

Très clairement, le confinement provoque, on s'en doute, des tensions qui aboutissent au 17. Mais, précise Benoît Desferet "on est à contre-courant de la tendance constatée en région parisienne. On est dans une diminution très forte des violences intrafamiliales."

Contradictoire ? Non. Certes, les différents ont augmenté mais si l'on en croit le patron départemental de la police, les violences physiques ont diminué de 50%. En tout cas, les signalements. Faut-il s'en réjouir ou au contraire s'inquiéter du silence qui s'est peut-être installé dans des foyers d'où le confinement ne laisse rien sortir ?
 

Moins de points de deal de drogue

Quant aux points de deal, certains ont (momentanément) fermé, d'autres continuent d'être actifs mais avec plus d'organisation nous dit-on. "Je ne suis pas sûr que le trafic de drogues ait fortement baissé, avoue Benoît Desferet mais il s'est adapté." Si le client ne vient plus au dealer, le dealer peut venir au client... La livraison à domicile a fait des progrès là aussi.

Moins de circulation, ce sont moins de faits délictueux constatés sur la voie publique mais certains se croient autorisés à faire des excès de vitesse. "La voie est libre" doivent-ils se dire. Au point que la police a dû remettre en place des contrôles sur le périphérique nantais. 
 

La police s'est réorganisée

En ce qui concerne les effectifs de la Police Nationale, on a dû, comme dans toutes les administrations et les entreprises, s'adapter à l'indisponibilté d'une partie des personnels. Il y a, comme en situation habituelle, les arrêts maladie mais aussi les suspicions de covid-19 et les gardes d'enfants. 

Il a donc été mis en place "une réserve de précaution", des personnels confinés mais qui en alternance renforcent les effectifs si besoin et notamment si la pandémie venait à amputer encore plus les effectifs.

Mais il y a eu aussi la réorientation de certains policiers en charge d'investigations judiciaires qui, du fait de la baisse d'activité des tribunaux, ont été affectés à d'autres missions plus prioritaires en ce moment.

Les cellules de garde-à-vue se sont vidées. De 20 à 30 gardes-à-vue quotidiennes, on est descendu nous dit-on, à 10 , voire seulement 5. Ce qui permet, nous assure-t-on, de respecter les obligations de distanciation.
Les policiers disposent-ils de masques de protection pour leurs missions ? Ils s'en plaignaient via leur syndicats au début du confinement.

"Tous les personnels disposent dans leurs voitures de masques chirugicaux, assure le DDSP et peuvent les utiliser en fonction de leurs missions." On est donc loin du port systématique dans les véhicules que demandaient certains représentants syndicaux.



 



 

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