Coronavirus : une rentrée un peu "bizarre" au dire de collégiens de Nantes

Ils n'y avaient pas mis les pieds depuis le 16 mars. Et ce lundi matin, ça ne ressemblait pas vraiment à une rentrée où se mêlent l'inquiétude de reprendre et la joie de retrouver les camarades. Non, c'était plutôt bizarre témoigne une jeune de 6ème.

Les arrivées et les départs se sont faits de façon échelonnée pour éviter les regroupements aux abords du collège.
Les arrivées et les départs se sont faits de façon échelonnée pour éviter les regroupements aux abords du collège. © France Télévisions Olivier Quentin
Ils sortent par petits groupes de deux, trois ou quatre. La consigne leur est donnée jusqu'au portillon et même au delà de ne pas se regrouper.

On aurait presque dit un établissement en plein mois d'août avec quelques élèves inscrits pour des cours de rattrappage pendant les vacances. Mais non. Nous sommes le 18 mai et cette date marque le retour des jeunes dans leur collège après deux mois de confinement.

En Pays de la Loire, selon les chffres du Rectorat, sur 55 000 jeunes concernés en collèges publics, environ 30 000 élèves ont fait leur rentrée 6ème et en 5ème ce 18 mai.


Des consignes par mail et par téléphone

Au collège La Noë Lambert à Nantes, les parents avaient reçu les consignes : la rentrée sera échelonnée dans la semaine et pas aux mêmes horaires. On veut éviter le plus possible les regroupements ou les croisements. 

Cela fait partie des directives pour la "la limitation du brassage des élèves" comme il est indiqué dans le GUIDE RELATIF À LA RÉOUVERTURE ET AU FONCTIONNEMENT DES COLLÈGES ET DES LYCÉES. Un pavé de 54 pages à disposition des parents et des élèves sur le site du Rectorat.

Il est midi et ce papa attend la sortie de son garçon de 10 ans sur le parking, à l'extérieur. 

"On est en télétravail tous les deux, explique-t-il en parlant de sa femme et lui. Pour les cours pendant le confinement, ça a été difficile mais comme il (leur garçon) est assez bon élève, ça va." 

Pour préparer cette rentrée, l'établissement a envoyé les explications et les consignes par mail et il y a eu aussi des contacts téléphoniques.

"On a pu échanger avec le prof principal, ajoute -t-il.On sait qu'il a des camarades qui ne retourneront pas au collège, par choix des parents."

C'était en fait la principale question du jeune, retrouverait-il ses copains ?
 

La sensation d'étouffer sous le masque

"C'est bizarre d'être loin les uns des autres, témoigne cette collégienne de 6ème. Il y a trop de mesures de sécurité."

A côté d'elle, une autre confirme que c'est compliqué de rester à distance et se plaint d'avoir la sensation d'étouffer sous le masque. Chaque élève en a reçu quatre.

La matinée a été occupée à parler de la pandémie, recevoir les consignes sanitaires et faire le tour du bâtiment pour bien comprendre les règles de circulation. Les 6ème ont un fléchage vert et les 5ème, un fléchage orange. 

Un garçon trouve tout cela bien ennuyant : "Ce sont les profs qui viennent dans notre salle. On ne change pas de salle regrette-il. Alors que le collège, c'est changer de salle à chaque cours ! On se sent enfermé."
 

Deux demi-journées la première semaine

Cette première semaine de retour, il n'y aura que deux demi-journées de cours. Une matinée et une après-midi. Ce que confirme un parent.

"A partir de la semaine prochaine me dit-il, il y aura deux après-midi et deux matinées." Selon lui,  tout a été bien expliqué. 

Même retour de la part de Sophie, maman de Pierig qui est en classe de 5ème dans ce même collège.

"Le collège a tout fait pour rester en contact avec les familles pendant le confinement, souligne-t-elle. Pour le retour, on a été contacté par mail et par téléphone pour savoir si Pierig allait revenir. On a dit oui, il avait besoin de reprendre contact avec les copains, mais on a dit aussi que si d'autres étaient prioritaires, Pierig pouvait rester à la maison."

Les deux parents sont en télétravail à leur domicile et ont pu assurer les cours pour le collégien. Ils ont aussi une fille de 15 ans qui est en bac pro mais ils ne savent pas encore quand elle pourra retourner dans son établissement qui se trouve dans les Côtes d'Armor.

C'est aussi le flou au collège pour le mois de juin car si l'emploi du temps a été communiqué pour les deux semaines à venir, les familles ne savent pas à quoi s'en tenir pour la suite.
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