Johanna Rolland, la maire de Nantes, se dit satisfaite de son entretien "exigeant, sans concession" avec le ministre de l'Intérieur

Publié le Mis à jour le
Écrit par Olivier Quentin avec Célline Dupeyrat

Des renforts de policiers, plus de caméras de vidéoprotection, la maire de Nantes revient de Paris avec des annonces de la part de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur.

Une compagnie de 200 CRS en renfort à Nantes en 2023, l'annonce avait été faite en septembre dernier. Le nouveau dans l'entrevue qui a eu lieu mardi entre la maire de Nantes, Johanna Rolland et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, ce sont les 70 policiers qui arrivent (temporairement) en renfort à Nantes dès le lundi 10 octobre prochain et la garantie que 80 des 200 CRS annoncés pour 2023 seront dédiés à  Nantes.

"Chacun sait que ces compagnies (CRS) rayonnent sur 300, 400 km, à déclaré en conférence de presse ce mercredi matin Johanna Rolland. Là, j'ai obtenu la garantie de 80 personnes à demeure à Nantes à la fois pour le centre-ville et pour nos quartiers."

Si l'on suit bien, 70 policiers doivent donc arriver en renfort à Nantes dans quelques jours et devraient ensuite repartir au moment où arrivera cette compagnie de CRS dont 80 éléments seront affectés exclusivement à la ville de Nantes.

Satisfaction affichée ce mercredi matin du côté de la maire de Nantes.

Un long échange avec le ministre, "exigeant, sans concession de part et d'autre"

"Satisfaite pour Nantes, satisfaite pour les Nantaises et les Nantais, a-t-elle déclaré. Je l'avais dit, la situation est grave le trafic de stupéfiants, qui gangrène les grandes villes du pays et donc Nantes, provoque un certain nombre de désordres de délinquance du quotidien qui ne sont pas acceptables. J'ai donc eu hier (mardi) un long échange avec le ministre, exigeant, sans concession de part et d'autre."

Johanna Rolland qui avait été taclée ce mardi lors des questions au gouvernement sur sa politique jugée insuffisante en matière de vidéoprotection, est également revenue de son entrevue parisienne avec un engagement pris sur cette question.

"Je me suis engagée à la suite du rendez-vous d'hier, dit-elle, à ce qu'à la fin du mandat ce soit 250 caméras  (contre 140 actuellement), et du côté des effectifs de la police municipale, je me suis engagée à recruter 50 agents supplémentaires en plus des 70 agents que nous avions déjà prévus de recruter dans le mandat ."

Quant à la création d'un centre de rétention administratif pour les personnes réfugiées à Nantes, annoncée également ce mardi par le ministre de l'Intérieur, Johanna Rolland n'a pas souhaité commenté cette décision.

"C'est un projet qui existe dans les services de l'État depuis de nombreuses années, a-t-elle simplement précisé. J'ai entendu plusieurs préfets successifs m'en parler il (Gérald Darmanin) a donc confirmé hier ce projet de l'État."

Les élus écologistes dénoncent "toujours plus de répression"

Ces annonces provoquent des réactions dont celle des partenaires écologistes de la majorité municipales de Nantes.

"Johanna Rolland s'engage de manière unilatérale et sans consultation de ses partenaires de la majorité à installer plus de 100 caméras de vidéosurveillance supplémentaires à Nantes, constatent dans un communiqué les élus écologistes... Prétendre que la multiplication de caméras de vidéosurveillance constitue une solution est un écran de fumée."

Pour ces élus, même s'ils disent partager "la demande de sécurité forte et légitime de nos concitoyens", ces nouvelles caméras ne feront que déplacer le problème ailleurs et le déploiement de forces de l'ordre supplémentaires est un leurre.

Plus d'éducateurs et de concierges

"Nous avons besoin de police municipale, évidemment, déclare Simon Citeau, coprésident du Groupe écologiste et citoyen de Nantes, mais aussi d'éducateurs et d'éducatrices dans nos rues et nos quartiers, de concierges dans les immeubles, bref, nous devons récupérer l'espace public aujourd'hui trop déserté."

Les centres de rétention administrative sont une honte pour notre pays et une injure à nos valeurs

Marie Vitoux Groupe écologiste et citoyen

Concernant l'annonce de la création d'un centre de rétention administrative, "Nous ne cautionnerons pas cet enfermement qui détruit les vies de personnes venues chercher une protection et des conditions de vie dignes sur notre territoire" déclare Marie Vitoux, coprésidente du Groupe écologiste et citoyen.

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