Municipales 2020 : femmes et politique, une conquête progressive

Assises des maires bretons à Saint Brieuc le 3 avril 2019 / © Damien Meyer / MAXPPP
Assises des maires bretons à Saint Brieuc le 3 avril 2019 / © Damien Meyer / MAXPPP

Aux abords des élections municipales, le thème de l'égalité hommes-femmes se fait récurrent dans les débats. La parité devenue obligatoire dans de nombreux scrutins est pourtant partielle. Aujourd'hui, quelle est la place des femmes en politique ? 
 

Par Maïna Boutmin

Les 15 et 22 mars prochains, les Français sont invités à se rendre aux urnes pour y élire leurs maires.

À Nantes, neuf listes se présentent à la mairie. Six, les principales, sont portées par des femmes. Une première pour la ville, qui avait déjà élu une femme en 2014 : Johanna Rolland. 
 

Une timide progression 

Les femmes accèdent au droit de vote et à l’éligibilité en 1944. En 1947, aux premières élections municipales, les femmes représentent 0,7% des édiles. Depuis, un progrès indéniable est constaté : 16 % de femmes sont élues maires. Johanna Rolland, à Nantes, est l’une des six maires des 48 communes de plus de 100 000 habitants. Des chiffres qui restent bien loin d’une parité. 

Le nombre de conseillères municipales a connu, lui, une augmentation bien plus forte. Selon l’INSEE, dans les Pays de la Loire, en 2018, les mairies comptent parmi leurs effectifs 44% de conseillères municipales, des chiffres encourageants.

Des lois qui font leurs preuves 

La loi du 17 mai 2013 instaure l'obligation de parité des listes de candidats dans les communes de 1 000 habitants et plus. Les politiques de tout bord semblent désormais faire de l’égalité hommes-femmes une priorité.

Pourtant, l’exemple des intercommunalités qui ne répondent pas à une loi paritaire prouve que sans législation, les choses ne changent pas. Selon le Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes, “les femmes représentent 35% des conseiller.e.s communautaires et 20% des vice-président.e.s.” dans ces regroupement de communes.

Il atteste “en l’absence de contrainte paritaire, l’égalité n’advient pas.” Aux dernières élections législatives, les Républicains ont préféré payer une amende que de respecter la parité.
 

Ralenties aux portes du pouvoir 

Aux abords des municipales, le HCE le rappelle, “la parité ne doit pas se limiter à une représentation 50/50 dans les instances décisionnelles. Elle doit également permettre de s’interroger sur les conditions de travail, sur le partage des tâches, sur les stéréotypes sexistes et sur l’ensemble des obstacles structurels qui empêchent les femmes de pouvoir pleinement exercer les fonctions à responsabilités.”

Si la parité est importante chez les conseillères municipales, elles occupent le plus souvent des postes à moindre responsabilité. Selon l’INSEE, dans les conseils municipaux, les femmes représentent 29 % des premiers adjoints, 38 % des seconds adjoints, 39 % des troisièmes, et 48 % parmi les autres adjoints…

“Les budgets les plus importants (finances, développement économique, aménagement du territoire)” continuent d’être attribués aux hommes, “quand les femmes occupent le plus souvent les délégations tournées vers le care, essentielles mais moins valorisées (jeunesse, famille)” selon le HCE.

En mars 2019, une proposition de loi est déposée à l’Assemblée nationale proposant une parité obligatoire où les fonctions de maire et de premier adjoint ne pourraient pas être exercées par deux élus du même sexe.

Aujourd’hui, en France, 84% des maires sont des hommes. Edith Cresson, en 1991, fut la seule première ministre que le pays ait connu. A quand une présidente de la République en France ?
 

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