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Nantes : après l'attaque de Condé-sur-Sarthe, les syndicats pénitentiaires bloquent la prison

Les personnels se sont réunis dès 6 heures15 ce mercredi matin 6 mars devant la prison de Nantes / © vincent Calcagni
Les personnels se sont réunis dès 6 heures15 ce mercredi matin 6 mars devant la prison de Nantes / © vincent Calcagni

Les syndicats pénitentiaires appellent au blocage de leurs établissements ce mercredi 6 mars, en soutien aux deux agents poignardés par un détenu radicalisé de la maison centrale de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon dans l'Orne. À Nantes les personnels se sont mobilisés dès 6h15 ce matin.

Par FB avc AFP

La maison d'arrêt de Nantes est bloquée depuis 6h15 ce mercredi matin 6 mars. Les syndicats CGT-Pénitentiaire et FO-Pénitentiaire ont lancé un appel national à mobilisation aux surveillants de prison.

À Nantes ils sont une trentaine devant le centre pénitentiaire. Les personnels ont été rejoints par le responsable du centre.

Une mobilisation qui fait suite à l'attaque mardi matin de deux surveillants à la prison ultrasécurisée de Condé-sur-sarthe dans l'Orne.

"On veut montrer à notre Ministre ce qui se passe et ce qui perdure", explique William Cozic, du syndicat FO-Pénitentiaire. Lors du mouvement des surveillants de prison de janvier 2018, le syndicat estime n'avoir obtenu que "quelques annonces politiques histoire de calmer la grogne qui allaient de pair avec de lourdes sanctions pour les collègues qui s'étaient mobilisés (...) et quelques mesures sécuritaires. On ne répondait pas à la problématique de l'insécurité et de la gestion des détenus dangereux".

"Ma seule arme : mon corps et mon sifflet"


"Tous les jours on est en situation de danger. je ne sais pas comment peut se comporter le détenu quand je vais ouvrir la porte. Est-ce qu'il va avoir consommé des stupéfiants? Est ce qu'il va être dans un état d'esprit psychologique fragile? un état d'esprit et du coup s'en prendre à moi. La seule arme que j'ai moi sur la coursive c'est mon corps et mon sifflet", témoigne Caroline, surveillante au centre de détention de Nantes depuis trois ans.

Les agents se mobilisent aussi pour demander la mise en place de fouilles lors des visites de familles afin d'éviter une autre tragédie. " Quand on va à Nates, à la Beaujoire, dans une salle spectacle où sur les Champs-Elysée pour le 14 juillet, les mesures de sécurité sont minimum, au moins une palpation. Aujourd'hui, quand on rentre dans un établissement pénitentiaire et qu'on est une famille, on passe sous un portique mais on est pas palpé. Le couteau céramique ne sonne pas au portique", déplore Rudy, surveillant à la Maison d'arrêt de Nantes.

La prison de Nantes affiche un taux d'occupation de 130% et compte 1100 détenus pour 390 agents de surveillance.

"On demande la classification des établissements, on regrouperait les détenus en fonction de leur dangerosité", poursuit le syndicaliste,"à chaque niveau de dangerosité, on aurait des gestions plus adaptées".

Mardi matin, c'est un détenu radicalisé qui a poignardé les deux surveillants de la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe.

"Ce détenu n'était quand même pas un terroriste. Il était suivi pour radicalisation. On pourrait le placer sur une échelle de 1 à 5 au niveau 2", explique William Cozic. Il estime cependant que le regroupement des détenus selon leur dangerosité aurait évité la seule présence de "deux agents à aller ouvrir à ce détenu avec un sifflet dans la poche. Il y aurait peut-être eu trois agents, un gradé avec un taser pour pouvoir gérer ce type de profil et éviter qu'il ne passe à l'acte".

 

Ce qui s'est passé à la prison de Condé-sur-Sarthe



Vers 09h45 ce mardi, un détenu a attaqué deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe avec un couteau. Selon un délégué du syndicat FO, l'homme a prononcé les mots "Allah Akbar" lors de l'agression.

"Le caractère terroriste de cette attaque ne fait aucun doute", pour Nicole Belloubet, la ministre de la Justice. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.
    
Le détenu s'est retranché avec sa compagne au sein de l'unité de vie familiale de la prison. En début d'après-midi, il s'y trouvait toujours et les forces d'intervention n'avaient pas établi de contact avec lui. 

Une cellule de crise a été mise en place. Les équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) de Rennes et le RAID, l'unité d'élite de la police nationale, ont été dépêchés sur place. Le procureur de Paris Rémy Heitz s'est également rendu sur les lieux. 

Pour Nicole Belloubet, le couteau de l'assaillant, en céramique et donc non repéré par le détecteur de métaux, aurait pu avoir été apporté par la femme du détenu.

L'attaquant et sa compagne "ont été interpellés par le Raid", a annoncé, ce mardi en début de soirée, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Le détenu a été blessé "sans gravité" et hospitalisé tandis que sa compagne est décédée des suites de ses blessures.


La vie des deux surveillants, âgés d'une trentaine d'années, n'est "pas en danger", selon la ministre de la Justice. Le plus grièvement blessé, "éventré" selon un délégué FO, a subi une intervention chirurgicale. L'autre surveillant a été touché à la mâchoire, au visage et dans le dos.





 

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