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Nantes : la Bourse aux Timbres forcée de quitter le passage Pommeraye

La Bourse aux Timbres, boutique emblématique du passage Pommeraye, a été sommée de quitter les lieux, avant le 21 mars. / © France 3 Pays de la Loire
La Bourse aux Timbres, boutique emblématique du passage Pommeraye, a été sommée de quitter les lieux, avant le 21 mars. / © France 3 Pays de la Loire

Après plus de 60 ans d'existence à Nantes, la plus ancienne boutique du passage Pommeraye "La bourse aux timbres" va fermer ses portes. La boutique n'est plus aux normes et la famille Gaudin doit quitter les lieux. Mais pas facile pour les Gaudin de tourner la page...

Par Eleonore Duplay

Sur la devanture, on lit un grand merci sur une affichette rose... 63 ans que la famille Gaudin tenait ce magasin, le plus vieux commerce du Passage Pommeraye à Nantes. "La Bourse aux Timbres" ouverte en 1938, et rachetée en 1954 par Fernand Gaudin. A presque 90 ans, le patriarche passe encore ses journées dans le petit commerce où son fils et sa fille ont repris le flambeau.
Mais ces derniers jours, le café qu'il partage avec les habitués, en devisant autour des timbres rares et des cartes postales, a pris un goût amer.

Lundi 13 mars, la famille Gaudin a reçu le courrier qu'il redoutait depuis l'année dernière, celui qui leur demande d'avoir déménagé les lieux dans les 8 jours, comme nous l'explique Jean-Jacques Gaudin, le fils. 
"On devait fermer le jour-même et on doit vider le magasin avant le 21 mars, vider entièrement. Sinon ils viennent avec un camion de déménagement pour tout enlever, les timbres, les cartes postales, les albums, tout est fragile, tout est classé, ils vont mettre ça en garde meuble, dans quel état?"

En cause : les marchandises entreposées ici, du sol au plafond, des timbres, des albums, des cartes postales. Un stock que la mairie et les services de sécurité de la galerie marchande jugent inflammable. En mars 2016, un premier courrier demandait aux propriétaires d'effectuer des travaux pour séparer les fournitures du magasin, mettre en conformité le système électrique, isoler les murs.... Pour la famille Gaudin, l'investissement est trop élevé, d'autant que les enfants ont presque l'âge de la retraite, comme nous l'explique Josiane Gaudin, la fille de Fernand.

"Dans ce magasin, il y a toute une vie.. Je suis rentrée là, j'avais 19 ans. J'en ai plus de 60, ça fait une paye, comme on dit !"

Pendant un an, les courriers, les rendez-vous s'enchaînent avec la mairie. Dialogue de sourds.
Fernand Gaudin, le patriarche : "De toutes façons, ils avaient déjà tout décidé à notre place."

Quand du côté de la mairie, on se dit sincèrement désolé d'en arriver à cette mise en demeure, après une procédure longue, et, nous dit-on, bienveillante. Mais depuis, il y a eu l'incendie de la Cantine numérique, et avant lui, en 2012, celui du passage de la Châtelaine, une autre rue commerciale couverte en centre-ville de Nantes. "Or, le passage Pommeraye a non seulement un caractère patrimonial, mais il y a aussi des personnes qui vivent là, dans les appartements au-dessus des commerces", confie notre interlocutrice à la mairie de Nantes

Les Gaudin reconnaissent aujourd'hui qu'ils ont sans doute tiré sur la corde... Mais entre deux cartons, qu'ils remplissent à leur rythme, fulminent contre ce délai d'une semaine pour vider les lieux. 
Le père, Fernand Gaudin, n'entend pas voir des étrangers vider sans ménagement, le travail d'une vie.
"A ce moment là, moi je ferme la porte, ils me passent dessus, moi je sais pas ce qu'on fera... Parce que, faut qu'ils aient la clé pour pouvoir rentrer"
Avant d'en arriver là, la famille Gaudin entend saisir le médiateur de la République...
Histoire, qui sait, d'obtenir un délai, quelques mois, pour vendre le commerce, et pour déménager, un peu plus sereinement.

Notre reportage en vidéo

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