Nantes Digital Week : des dispositifs numériques pour mieux cerner la biodiversité des anciens chantiers navals

Des étudiant en master Design Digital ont conçu des dispositifs numériques afin de faire découvrir au grand public la biodiversité des anciennes cales des chantiers navals, sur l'île de Nantes. Des prototypes interactifs, présentés au Muséum d'histoire naturelle.

À l'entrée de la galerie de zoologie du Muséum de Nantes, c'est un hologramme qui accueille, ce jour-là, le visiteur.

Une forme mouvante, un ectoplasme qui flotte dans sa gangue de plexiglas et qui change de couleur au gré des manipulations du public. Son petit nom : Nebula. 

Deux de ses concepteurs sont présents pour expliquer l'intérêt de la chose. "Nous voulions représenter la biodiversité dans les cales de l'île de Nantes. C'est en quelque sorte une vision de l'âme de cette biodiversité ", décrypte Maxime Thureau, l'un des étudiants de l'École de Design de Nantes qui ont imaginé ce dispositif.

Le visiteur peut faire évoluer cette forme numérique, en actionnant quatre curseurs qui sont autant de paramètres pour permettre à l'hologramme et donc à la biodiversité de conserver un équilibre. On peut ainsi "jouer" sur les températures, le vent, l'humidité, la lumière et constater les changements de couleurs que cela produit sur Nebula.

"En fait, on veut faire comprendre au public, que quand on influe sur un paramètre, on va avoir un impact sur la biodiversité en général, c'est un outil de simulation qui peut permettre de modéliser des données scientifiques réelles" résume Malo Cazin. Une illustration concrète (et colorée) de l'impact du dérèglement climatique, en somme.

 

Un peu plus loin, dans un recoin de la galerie, Julien Cormerais explique à deux têtes blondes l'objectif de son Highden. Ce n'est encore qu'une maquette, celle d'un jardin juché à 3 mètres du sol. Au pied d'un des cales.

"Ce jardin sera composé d'arbres et de plantes issus de graines apportées par les oiseaux. Il est ceint d'une toile, comme un parapluie renversé, qui servira à retenir les eaux de pluie. Comme il ne sera pas possible d'approcher ce jardin, une caméra filmera ce qui s'y passe à 360°. L'idée c'est d'observer l'évolution de ce dispositif naturel, l'évolution des plantes et des oiseaux, de regarder la nature, sans la déranger".

Crée par un petit groupe de 4 étudiants, Highden pourrait tout à fait se concrétiser, "nous avons vraiment voulu combiner l'aspect tangible et digital, pour faire quelque chose de réalisable".

Avec cette exposition, les étudiants testent leurs capacités de futurs designers. 

En produisant des maquettes, des machines, en les présentant au public, " les étudiants peuvent mesurer et savoir comment leur travail est perçu. Si dans le cadre de cette médiation scientifique, l'ergonomie, l'accessibilité, la maniabilité, sont satisfaisants, " explique Arnaud Le Roi, responsable pédagogique du Master Design Digital qui a supervisé l'opération.

Pour élaborer ces dispositifs, les étudiants se sont d'abord imprégnés du biotope existant autour des anciennes cales de lancement de bateaux de l'île de Nantes. Un lieu minéral au premier abord, que l'on ne soupçonnerait pas aussi riche de diversité floristique et faunistique. Ils ont éprouvé leurs projets auprès des scientifiques du Museum, sont ensuite passés à la réalisation de leurs machines. Des prototypes et des maquettes qui n'ont qu'un objectif : aider à faire connaître cette biodiversité pour mieux la protéger. 

"Nos étudiants sont très concernés par les problématiques environnementales, ils cherchent à évaluer en tant que designer comment ils peuvent aborder leurs services, leurs produits en étant éco-responsables. Le digital n'est pas neutre mais si on l'utilise bien il peut nous permettre de prendre du recul, de changer d'échelle pour aider à préserver l'environnement" précise Arnaud Le Roi

L'expérience, menée dans le cadre de la Nantes Digital Week, est éphémère, puisqu'elle s'achève ce samedi soir.

Mais "les réalisations sont robustes et très abouties, souligne Arnaud Le Roi, J'espère que nous pourrons à nopuveau les montrer au public lors d'autres événements comme les Utopiales".

 

►Neuf projets ont été présentés, certains deviendront, peut-être un jour, des réalisations visibles sur l'île de Nantes

 

 

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