Nantes : l'ouverture prochaine des terrasses des bars et restaurants est déjà visible, chacun s'adapte aux contraintes

Certains resteront ouverts plus longtemps dans l'après-midi, d'autres ouvriront plus tôt le matin pour compenser la soirée amputée par le couvre-feu. La réouverture des bars et des restaurants en terrasse va pouvoir se faire ce mercredi 19 mais mais tous attendent la réouverture des salles.

Les terrasses ont commencé à s'installer devant les établissements, deux jours avant la date officielle. Histoire, sans doute, d'annoncer la réouverture.
Les terrasses ont commencé à s'installer devant les établissements, deux jours avant la date officielle. Histoire, sans doute, d'annoncer la réouverture. © France Télévisions Olivier Quentin

Quartier Bouffay à Nantes ce lundi matin. Entre deux ondées, le soleil parvient à trouver une place en terrasse et se reflète dans le pavé mouillé des rues. On entend quelques cris de martinets qui volent d'une façade à l'autre.

On entend aussi les moteurs des camions frigorifiques qui viennent livrer.

"Ça fait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de camionnettes dans la rue" se réjouit Juan Vargas, l'un des gérants du John Mc Byrne, un pub irlandais de la rue des Petites Ecuries.

Le Mc Byrne ouvrira plus tôt dans la journée pour compenser la soirée.
Le Mc Byrne ouvrira plus tôt dans la journée pour compenser la soirée. © France Télévisons Olivier Quentin

L'établissement, comme ses concurrents, mettra à disposition la moitié de ses places en terrasse dès mercredi. Juan a le sourire. Les aides de l'Etat qui se poursuivent aideront à passer la période à venir malgré cette réduction d'activité imposée encore un temps. "On va répartir le travail sur tout le monde, deux gérants et six employés, explique Juan. On attend le mois de juillet pour voir où on en est."

La météo donnera le la de cette reprise partielle.

"On est en Bretagne" sourit, sans se faire d'illusions, le Colombien qui a débuté ici lorsqu'il était étudiant avant d'en devenir l'un des gérants.

Le couvre-feu de 21h restreindra aussi l'activité. "L'heure où on va fermer, c'est l'heure où on commence à bosser beaucoup d'habitude" ajoute Marc Paquereau, son collègue. Le pub va donc adapter ses horaires et ouvrira dès 11h du matin pour fermer à 21h.

Quelques mètres à côté, Alban, un commercial de la "Brasserie de la Côte de Jade", livre le "Bar du Coin". Pendant cette longue fermeture des établissements, le brasseur basé à Pornic a reporté son activité sur les grandes surfaces qui étaient auparavant minoritaires dans son carnet de commande. "Ça va se rééquilibrer" pense Alban.

Les livraisons de boissons reprennent dans les bars.
Les livraisons de boissons reprennent dans les bars. © France Télévisions Olivier Quentin

Le patron du bar, Boris Sitin, compte bien garder son activité de caviste qu'il avait créée en novembre pour rester ouvert. Ce qui lui a permis de créer un emploi spécialisé. Il a développé la vente de produits locaux, bières et vins. Pour lui, c'est ce que cette crise aura a apporté de bien. "Les gens ont vraiment envie de consommer local" dit-il.

Côté restaurant, la date qu'on attend, c'est le 9 juin, l'ouverture des salles intérieures et une fermeture à 23h le soir. Les terrasses réduites de moitié et le couvre-feu de 19h limitent encore la reprise.

"Je vais essayer un soir, dit Chrystèle Bertret, de la crêperie du Bouffay. Je verrai si je continue. Le week-end, j'ouvrirai le soir, mais pas en semaine." Le restaurant redémarrera doucement le midi. Mais on sait bien aussi que le télétravail contribue également à limiter les couverts dans les restaurants. Tout dépendra, reconnait-on ici aussi, de la météo.

A la crêperie du Bouffay, on ne compte pas trop sur les clients du soir du fait du couvre-feu.
A la crêperie du Bouffay, on ne compte pas trop sur les clients du soir du fait du couvre-feu. © France Télévisions

Six des neufs employés ont pu être repris pour le moment sur les deux établissements, avec la crêperie La Blanche Hermine, en face. Selon Chrystèle, depuis le premier confinement, "la fréquentation est devenue aléatoire". Même l'été dernier, le niveau d'avant la crise sanitaire n'avait pas été retrouvé.

L'ouverture du midi lui permettra au moins de tester sa nouvelle carte, de nouvelles galettes qu'elle proposera à sa clientèle.

Près de la Place du Bouffay, chez le spécialiste du couscous, "Chez Rémy", les tables sont déjà sorties. Mais en fait, ce sont celles de l'intérieur que l'on a posées dehors pour nettoyer à fond les salles. L'établissement avait gardé un peu d'activité depuis octobre.

"On a fait de la vente à emporter avec mon mari et ma sœur", explique Malika Foucher. Elle a même fait des livraisons dans son quartier où elle habite à Rezé, Ce qui lui a permis de faire quelques connaissances, dit-elle. Pour elle, le 19 mai, ce sont surtout les bars qui vont travailler. "J'ai une trentaine de réservations" constate-telle en consultant une feuille sur laquelle sont notées quelques noms et dates. "Comme on a une licence IV, on va essayer de continuer l'après-midi en proposant des boissons et peut-être des repas."

Chez Rémy, c'est le grand nettoyage avant la réouverture.
Chez Rémy, c'est le grand nettoyage avant la réouverture. © France Télévisions Olivier Quentin

Il y aura une équipe du midi et une pour le soir. "Cette première phase de réouverture n'est pas top" avoue Malika qui comme les autres restaurateurs attend avec impatience le 9 juin. Pour le moment, elle espère faire le plein... avec 30 couverts par jour.

Tous s'accordent à dire que sans les aides du gouvernement et le chômage partiel, la profession aurait été sinistrée. "Si on n'a plus d'aides, ça va être chaud" s'inquiète-t-elle.

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