Nantes : la fête de la visibilité pour les mouvements LGBTQI+

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Pas de chars, mais une journée de la visibilité organisée par Nosig le centre nantais LGBTQI + pour pulvériser les carcans normatifs. 7500 personnes se sont retrouvées du côté du miroir d'eau à Nantes, puis ont fait un tour dans le centre.

 

Pas de défilé façon gay pride techno cette année encore pour cause de pandémie. Mais au moins une manifestation statique à Nantes. Qui a fini par se déplacer vers le centre tant il y avait de monde. Et peut-être aussi un tournant dans les revendications. Le mouvement Arc-en-ciel s'ouvre de plus en plus aux différences entre les individus.

Nosig, le centre nantais LGBTQI + (lesbien, gay, bisexuel, trans, queer, intersexe et plus) veut pulvériser les normes "hétéronormatives", "on veut montrer qu'on existe" clament en cœur un groupe de filles, chasubles arc-en-ciel et pieds dans l'eau du miroir d'eau.

Les plus téméraires supportent la forte odeur de chlore dégagés par le miroir et un implacable soleil de plomb à son zénith, les autres se sont réfugiés sous les frondaisons des grands arbres. Beaucoup sont venus avec leur enceinte connectée, c'était le mot d'ordre, pas de sono, des sonos pour toutes les musiques. De temps en temps une immense clameur jailli de la foule, personne ne sait qui l'a provoquée, tout le monde en rit. Il souffle ici comme un air de renouveau.

Signe des temps, la seule sono est celle de la CGT, pour les indispensables prises de paroles. Le syndicat de salariés a invité les plus jeunes de ses adhérents à rejoindre le mouvement. Avec ce slogan "lutter pour être visible pas pour être une cible"

"Que l’on soit lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe, asexuel.le, aromantique, agenre, non-binaire, bigenre, gender-fluide, androgyne, demi-fille, demi-garçon... Pour toutes les personnes qui ne rentrent pas dans les normes d’orientations sexuelles, d’identités de genre, ou de normes de corps dominantes, c’est le moment de montrer que l’on existe".

Si les anciens des mouvements homos sont toujours là, on voit à la jeunesse et à la diversité de la foule que quelque chose a changé. Aux indispensables groupes de filles tatouées portant collier de cuir reliées par une chaine, aux incontournables garçons aux corps bodybuildés, à côté d'eux, et assurément plus nombreux, on voit des jeunes garçons qu'on s'attendrait à rencontrer dans les quartiers, ou des jeunes couples hétéros qui viennent ici "parce qu'on est tous les mêmes sans distinction", disent l'un d'entre eux. 

Avec une réflexion plus grave pour ce jeune couple nantais, ils se destinent tous deux au métier d'avocat, "il faut toujours avoir en tête que dans nombre de pays du monde l'homosexualité est un crime, passible de la peine de mort. Qu'en Tchétchénie on fait violer les jeunes lesbiennes par leurs oncles, et que pour les garçons, c'est le père qui se charge de les éliminer, avec la complicité de l'appareil d'État".

Pas certain que la foule joyeuse réunie au grand soleil de juin se soucie de ces considérations. Les revendications affichées sont plus près des préoccupations du moment, on voit quelques panneaux pour la PMA, ou des revendication de prise en compte du genre dans les actes administratifs.

La foule c'est ensuite déplacée vers le centre, faisant un arrêt devant l'escalier arc-en-ciel de la rue Beaurepaire, rebaptisé "Marches des libertés" et sans cesse dégradé, repeint pour la 8ème fois. Puis l'immense cortège est reparti joyeux. Même masqué, ce rendez-vous annuel reste un moment de fête.

 

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