Nantes : une manifestation pour dénoncer l'insécurité

Environ 200 personnes se sont rassemblées place Royale à Nantes. / © France Télévisions Lucile André
Environ 200 personnes se sont rassemblées place Royale à Nantes. / © France Télévisions Lucile André

Environ 200 personnes dont beaucoup de professionnels de la nuit, se sont rassemblées ce mercredi après-midi pour dénoncer une situation qu'elles jugent inquiétante : le nombre croissant d'agressions dans le centre-ville de Nantes.

Par Olivier Quentin avec Lucile André.

Le sujet nourrit pas mal de conversations en ce moment à Nantes. Le sentiment d'insécurité la nuit et notamment dans le centre-ville.

Ce mercredi après-midi, les professionnels de la nuit s'étaient donnés rendez-vous, place Royale pour dire leur ras-le-bol.

Selon eux, les agressions, qu'elles soient verbales ou physiques, se sont multipliées le soir. Et particulièrement dans le quartier du Bouffay en plein centre.
 

"En tant que nana c'est compliqué !"

"Quand je quitte mon service le soir, avoue cette jeune serveuse de bar,  je suis obligée de me faire raccompagner jusqu'à ma voiture, on sait jamais. Quand j'ai commencé dans la restauration il y a trois ans, je pouvais rentrer chez moi sereine. Ça fait quelques mois, un an, où ça commence à prendre une ampleur plus grande. Quand on peut plus aller chercher le pain en tant que nana en traversant la place du Commerce à 18h, c'est compliqué !"

On ne parle pas encore de perte de chiffre d'affaire selon son patron.  Mais les professionnels craignent tout de même de voir leur clientèle déserter le centre-ville pour la périphérie. 

"La revendication  n'est pas économique, précise-t-il, c'est plus dans l'objectif de retrouver la sérénité qu'on pouvait avoir à Nantes il y  a quelques années."

Ce que dénoncent ces professionels de la nuit c'est aussi cette ambiance malsaine, pénible dont sont victimes surtout les femmes. Des approches, des remarques, des insultes.

Cet agent de sécurité qui travaille dans le centre-ville constate la difficulté d'exercer aujourd'hui ce métier :
 

"ça va des insultes aux coups de bouteille..."

"On se fait agresser tous les soirs, se désole-t-il, ça va des insultes aux coups de bouteille. Des collègues se font suivre jusqu'à chez eux, à pied ou en voiture. C'est compliqué psychologiquement, on a des collègues qui y vont la peur au ventre."

Certains agents de sécurité quittent le monde de la nuit pour aller dans la sécurité des magasins... de jour.

"Avant, c'était concentré sur les fins de semaine, déclare Catherine Quérard Présidente du groupement national des indépendants de l'hôtellerie-restauration, maintenant c'est tous les jours, nos salariés sont en insécurité ainsi que nos clients. Il y a vraiment une augmentation exponentielle depuis les six derniers mois. On a interpellé les autorités municipales et préfectorales, on souhaite co-construire avec eux la sécurité du centre-ville de demain. Il est encore temps mais il ne faut pas traîner."

La Préfecture leur a donné rendez-vous lundi prochain.

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