Nantes : des militants écologistes ont investi la place Royale pour une action marquante

La place Royale de Nantes a été investie ce mercredi 28 août en début de soirée par trois collectifs écologistes. Une cinquantaine de personnes se sont écroulées parmi les statues pour alerter la population sur l’extinction du vivant.
Encore plus immobiles que les statues. Comme morts. Des hommes et des femmes se sont couchés sur la place Royale de Nantes parmi les statues mercredi 28 août vers 18h30. Ils ont voulu montrer à quoi tous les êtres vivants peuvent s'attendre à vivre à la fin du siècle : l’extinction. A l’origine de cette action pour le climat, on trouve trois collectifs : Extinction Rebellion, Citoyen.ne.s pour le Climat et Youth for Climate.

Au centre de la place, un orateur en veston s’est installé pour lire une “lettre d’amour à Homosapiens” aux alentours de 18h30. Sur un ton ironique et grinçant, il a conté l’histoire du vivant et de l’humanité. Sans oublier d’insister sur les raisons du malheur que constatent les experts du climat : les industries pétrolières et nucléaires, la consommation à outrance et les catastrophes qui s'enchaînent.
 
 

Tchernobyl, Fukushima et l’Amazonie

Tchernobyl, Fukushima, même les récents incendies en Amazonie, tout y passe. De temps en temps, un assistant de l’orateur fait résonner deux couvercles de casseroles et une partie de l‘auditoire s’effondre. Jusqu’à ce qu’il soit tous à terre. Et pendant ce temps, des militants déversent des sacs remplis de bouteilles en plastique dans la fontaine. 

Sur les statues, quelques pancartes ont été accrochées. “Sos planète en danger”, “Bientôt un vignoble en Angleterre, à quand l’Alaska ?”, “Protégeons nos terres nourricières”... Elles jouent avec les expressions des statues pour faire passer le message avec un peu d’humour. 
 
 

Une action qui “marque les esprits” 

Pour Sophie et David, une mère au foyer et un boucher de Saint-Herblain, c’était la première manifestation pour le climat. Ils ont radicalement changé leur mode de vie, il y a 9 mois, pour s’engager pour la planète. Ce soir-là, sur la place Royale, ils faisaient partie des “morts”.

“J’apprécie ce genre d’action car il n’y a aucune violence mais on fait quelque chose qui marque les esprits”, explique Sophie. David admet qu’il envisage sérieusement de se réorienter : “En tant que boucher, c’est de plus en plus dur de voir une cohérence entre mes valeurs et mon métier.” D’ailleurs, il ne mange déjà presque plus de viande lui-même.
 


Caroline, étudiante en médecine, avait déjà participé à des marches pour le climat. “Je me sens concernée par la situation et j’aimerais que tout le monde le soit”, déclare-t-elle avec espoir. Elle espère que cette action aura interpellé quelques passants. Pour Isabelle, qui appartient au collectif Citoyen.ne.s pour le Climat, “chaque personne qui voit cette action peut avoir un impact en en parlant autour d’elle”

Après s’être réveillés d’entre les morts, les militants repartent rapidement de la place pour leur “débrief”. Bien entendu, ils n’ont laissé aucune bouteille en plastique dans la fontaine. De leur passage, subsistent seulement des petits rubans de tissu vert sur quelques statues.

 
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