Nantes : près de 200 personnes vivent dans un squat, sans électricité... donc sans chauffage

Une délégation d'associations a été reçue ce vendredi en début d'après-midi par la mairie de Nantes. Elles demandaient un accès à l'électricité pour les réfugiés du squat de l'Orangerie. Impossible selon la mairie qui travaille sur des hypothèses de mise à l'abri.

Depuis le 4 décembre, les personnes réfugiées à l'orangerie sont privées d’électricité et de chauffage
Depuis le 4 décembre, les personnes réfugiées à l'orangerie sont privées d’électricité et de chauffage © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

L'électricité, il n'y en a plus depuis le 4 décembre. L'installation a disjoncté. Le transformateur intérieur est HS.

L'ancien immeuble de bureaux d'Orange, situé rue Daubenton, non loin de Chantiers navals, dans le quartier Mellinet à Nantes, est donc plongé dans le noir, excepté quelques heures par jour. Et dans le froid, car sans électricité... pas de chauffage.

En revanche, l'humidité elle, est bien présente. Elle se glisse partout, et glace les corps.

C'est dans ces conditions que survivent quelques 200 personnes. Des demandeurs d'asile, pour beaucoup venus d'Erythrée ou de Somalie. 

Et c'est pour alerter sur leur situation, que l'intercollectif  de 52 associations, Personne à la rue!, organisait ce mardi 12 janvier une marche dans les rues de Nantes. Leur objectif premier: que la mairie s'engage à rétablir l'électricté dans ces locaux.

Impossible de rétablir le courant 

Ce vendredi, une délégation était reçue en mairie par Yves Pascouau, conseiller municipal en charge des migrants, des gens du voyage et de l’Europe à Nantes, mais les dicussions n'ont pas abouti à une solution concrète et immédiate.

"On espérait qu'ils installent un compteur forain, ou, comme ils nous l'avaient proposé un groupe électrogène, raconte Manon membre d'Attac, qui était présente lors de la rencontre. Mais finalement, comme ils considèrent que la seule issue possible c'est le relogement, ils ne feront rien pour remettre l'électricité".

Ce n'est pas si simple explique de son coté Yves Pascouau, le lieu est vaste et il faudrait un compteur forain d'une grande puissance. Selon les techniciens, l'installation électrique existante pourrait ne pas le supporter. Quant au groupe électrogène, cela demande au préalable des analyses qu'il faudrait conduire, et une logistique importante, or nous n'avons pas de groupe électrogène sous la main " .

Pour autant, Yves Pascouau ne minimise pas la réalité. "On a tous conscience de l'urgence de la situation, nous avons un objectif un commun avec l'intercollectif, c'est de mettre fin à ces conditions de vie extrêmes. Nous travaillons à d'autres solutions comme celles que nous avons mises en oeuvre le 21 décembre dernier" à savoir, la mise à l'abri de 177 personnes, dont 132 relogées dans les locaux de l'Auberge de jeunesse.

Tout l'enjeu de cette situation c'est de savoir quand et où seront relogés les réfugiés de l'Orangerie.

" Les services qui travaillent sur la crise sanitaire sont aussi en charge de la question du relogement, ils sont en ce moment très sollicités, indique encore Yves Pascouau, mais ils travaillent sur des scénarios qui permettent de trouver une solution. La conjoncture actuelle, et les nouvelles dispositions pour faire face au Covid ne facilitent évidemment pas les choses". 

Plusieurs hypothèses semblent cependant à l'étude, mais l'élu n'en dira pas plus "je ne veux pas créeer de fausses espérances, ni aux associations, ni  aux personnes qui vivent actuellement sur le site de Daubenton (l'Orangerie), mais je peux vous assurer que face à cette urgence, nous travaillons".

Aucune échéance n'a pour l'heure été fixée.

Par ailleurs nous avons contacté la Préfecture, car l'hébergement des étrangers relève de ses compétences. Nous souhaitions savoir si une solution de relogement était à l'étude. Demande restée lettre morte ce vendredi soir.

 

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