Agression d'un conducteur à Nantes : le trafic a repris ce jeudi matin, un suspect interpellé

L'ensemble des bus et trams du réseau Tan arrêtés le 6 novembre 2019 / © France Televisions - Vincent Calcagni
L'ensemble des bus et trams du réseau Tan arrêtés le 6 novembre 2019 / © France Televisions - Vincent Calcagni

Suite à l'agression d'un conducteur mardi soir et après une journée sans transport mercredi, le trafic a repris ce jeudi matin. Un jeune mineur de Rezé a été arrêté. Selon nos confrères de Ouest-France, il ferait partie du trio qui a violemment passé à tabac le conducteur de tramway.

Par Fabienne Béranger

Retour sur la journée de mercredi 

Après l'agression d'un conducteur mardi soir, "le personnel du dépôt de Saint-Herblain n'a pas pris son service", ce mercredi matin, comme le souligne la Tan sur son compte Twitter.
Vers 9 heures, la direction de la Semitan a pris la décision d'interrompre l'ensemble de ses lignes trawmay et bus pour la journée.

L'agression du conducteur s'est déroulée mardi soir vers 21 heures à hauteur de la station Trocardière sur la ligne 3. Après la découverte d'un colis suspect, un conducteur d'un tramway a fait évacuer sa rame. Un groupe de trois jeunes gens a refusé de quitter le tram, bloquant les portes. 

Ils s'en sont alors pris au conducteur lui portant des coups au visage. "Il avait le visage tuméfié et en sang. Sur le coup, ça avait l'air d'aller, sauf qu'il y a la répercussion psychologique le lendemain et, comme tout un chacun, on n'est pas fait dans notre boulot pour recevoir des coups", a expliqué Gabriel Magner, de la CFDT Semitan.

Il présente "une plaie profonde de 2 cm au niveau du nez, une plaie saignante à la lèvre ainsi que plusieurs ecchymoses au niveau de l’oeil gauche et de la pommette", précise la police de Nantes. 

Le conducteur de 35 ans a dû être admis aux Nouvelles cliniques nantaises dans la soirée. Une plainte a été déposée.
"La réponse judiciaire on voit bien qu'aujourd'hui elle n'est plus adaptée quand ce sont des jeunes comme ça", a poursuivi Gabriel Magner, "ils sont automatiquement relâchés parce qu'on n'a pas les moyens de faire autre chose", "j'aimerais bien qu'on réfléchisse à d'autres solutions (...) ça pourrait être des travaux d'intérêt général, des choses comme ça. Il y a des rames, des rails à nettoyer"

Ce mercredi matin, la direction de la Semitan a choisi d'interrompre le service pour la journée sur l'ensemble de ses lignes, "sauf les cars scolaires ce midi", a-t-elle précisé dans un communiqué. Le trafic devrait cependant reprendre jeudi matin.
Les conducteurs de la Tan au dépôt de Saint-Herblain, le 6 novembre 2019 / © France Televisions - Vincent Calcagni
Les conducteurs de la Tan au dépôt de Saint-Herblain, le 6 novembre 2019 / © France Televisions - Vincent Calcagni
Il faut remonter à septembre 2008 pour voir une telle paralysie du réseau de la Semitan. A l'époque, une conductrice était morte écrasée par son propre bus devant le collège Gutenberg à Saint-Herblain, avenue de l'Angevinière. Elle était sortie de son véhicule pour réactiver les boutons de purge actionnés par des collègiens qui étaient descendus du bus.

"Les portes se sont alors refermées, entraînant la remise en libération des freins sur porte", avait alors expliqué la Semitan. Le frein à main n'ayant pas été mis, le bus a alors commencé à dévaler la rue. C'est en voulant le retenir que la conductrice a trébuché et s'est fait écraser. 
 

Des agressions récurrentes


"C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a expliqué Gabriel Magner, "on a encore plus plein d'évènements qui se sont déroulés pendant les vacances de la Toussaint avec des guet-apens sur les bus, des barrages faits avec les poubelles pour ensuite les cibler avec des caillassages. Il y a eu des tirs. On n'a pas envie que Nantes devienne un petit Marseille".

Dimanche soir, un jeune homme de 19 ans, démuni de titre de transport, s'est vu refuser l'accès à un bus par une conductrice à hauteur, également, de l'avenue de l'Angevinière à Saint-Herblain. En compagnie d'un autre jeune de son âge, il a alors porté des coups de casque sur les vitres du véhicule et secoué la vitre anti-agression qui protège les conducteurs de bus.

Quatre agents de la Semitan, appelés en renfort, ont été verbalement agressés et ont également reçu des menaces de mort. Les deux jeunes gens ont été interpellés, une plainte a été déposée contre eux. L'un des deux jeunes a été mis en cause et fait l'objet d'une composition pénale pour le 20 décembre prochain.



 

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