Ventes aux enchères à Nantes : 57 dessins de presse des procès Zola et Dreyfus achetés par le MAHJ de Paris

Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris a préempté et acheté 57 des 61 dessins d’audience de Maurice Feuillet illustrant le procès d'Emile Zola.
Le capitaine d'Alfred Dreyfus lors de son procès
Le capitaine d'Alfred Dreyfus lors de son procès © Thomas Fontaine
La vente aux enchères a eu lieu ce mardi 8 décembre. 61 dessins d'audience des procès Zola et Dreyfus, dessinés par Maurice Feuillet, ont été mis en vente. 57 ont été achetés par le  Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris.

Une collection de dessins de presse parfaitement conservés, des crayonnés des différents protagonistes de l'affaire Dreyfus pris sur le vif.

"Emile Zola, que vous avez ici, on voit la détermination et le regard du personnage, nous montrait il y a quelques jours Henri Veyrac, commissaire priseur nantais, un dessin de Feuillet à la main, là vous avez un très joli portrait d'Alfred Dreyfus, un personnage très émacié, mais il revient de plusieurs années de bagne".
Emile Zola dessiné par Maurice Feuillet
Emile Zola dessiné par Maurice Feuillet © Thomas Fontaine
Cet ensemble de dessins, qui a été vendu par Ivoire Nantes "pour une somme totale de 60 000€ (frais compris), provenait directement de la descendance de l’artiste, et était très convoité à la fois par les musées et les collectionneurs".

"Le prix le plus important, 7 936€, était enregistré pour le dessin emblématique représentant Dreyfus à son procès, mis à prix 3 000€ et préempté. Un dessin de Zola à son procès, lot N°1 de la vente, était préempté à 2 604€. Une surprise attendait un portrait de Jaurès, estimé 300/400€ et préempté pour 2 170€,
poursuit Ivoire Nantes, les 57 dessins, totalisant 49 600€, rejoindront les collections du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, installé depuis 1998 dans l’hôtel de Saint-Aignan, dans le quartier du Marais à Paris. Le musée présente deux mille ans de vie des communautés juives de France en les situant dans l’histoire générale du judaïsme."
 

"J'accuse"

Dreyfus, le nom d'une erreur judiciaire majeure et d'un scandale qui ébranla la 3ème république et dont Roman Polanski a fait un film césarisé en 2019 : J'accuse.

Maurice Feuillet, lui, dessine. Jeune illustrateur et journaliste, il couvre d'abord à Paris le procès de Zola, défenseur acharné de l'officier impliqué dans une sombre histoire d'espionnage aux relents antisémites puis celui de Dreyfus rapatrié du bagne de Cayenne pour comparaitre devant le conseil de guerre à Rennes à l'été 1899.

Le tout Paris médiatique débarque alors dans la capitale bretonne endormie pour relayer ce feuilleton à rebondissements.
Quelques clichés et films traverseront l'histoire mais c'est le dessin de presse alors qui rend le mieux compte des débats.
Le procès Dreyfus croqué par Maurice Feuillet
Le procès Dreyfus croqué par Maurice Feuillet © Thierry Fontaine
"Maurice Feuillet était plutôt dreyfusard, explique Henri Veyrac, commissaire-priseur, il a commencé un travail de journaliste, ce qui, à l'époque, n'était pas facile parce que c'était très difficile de prendre de la distance et de la hauteur" 

Alfred  Dreyfus sera à nouveau jugé coupable et condamné, avant d'être gracié par le président de la république et réhabilité en 1906  au bout de 12 années de combat.

Maurice Feuillet poursuivra une brillante carrière dans la presse au Figaro artistique. 

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