Nantes : violences sexistes dans les transports en commun, le syndicat CFDT réclame un plan d’actions

Propos sexistes, insultes, agressions, vols à la tire. Le nombre d’incivilités dont sont victimes les femmes a fortement augmenté selon le syndicat CFDT de la Semitan. Il préconise un plan d’action, en concertation avec Nantes Métropole.

"Place du Commerce, il y a toujours des jeunes, des hommes qui te regardent, qui te disent des insultes. Plus d’une fois on m’a suivie jusqu’à mon école", confie Sarah, étudiante de 18 ans. Comme elle, de nombreuses femmes, usagères des transports en commun nantais, avouent ne pas se sentir en sécurité.

"Il y a quelques fois des individus malveillants. On essaie d’être prudente. Le soir, après 19h, je suis moins rassurée", confirme ainsi une quadragénaire.

"Dans la journée, ça va, mais je ne me sens pas en sécurité le soir quand je prends les transports toute seule", précise une autre jeune fille. Les avis sont quasi unanimes. En soirée, les femmes évitent les transports en commun ou se font raccompagner.

25 faits de violence en novembre 2020, 6 en novembre 2019 

Le nombre de situations violentes vécues par les femmes, conductrices et clientes, est en forte augmentation selon le syndicat CFDT de la Semitan : 6 faits de violence en novembre 2019, contre 25 en novembre 2020.

Face à cette situation jugée "préoccupante", le syndicat demande la mise en place d’un plan d’actions et a adressé en ce sens un courrier à la métropole Nantaise.

"Il faut s’emparer du sujet, se concerter", défend Pascal Lucas, élu CFDT. Il demande notamment un plan de communication et d’affichage à destination des usagers, une campagne d’information et de sensibilisation dans les établissements scolaires et un plan de formation pour les personnels de la Semitan.

A l’image d’actions menées à Montréal, le syndicat souhaite organiser des "marches exploratoires", une démarche participative qui permet aux femmes d’"identifier dans un quartier les zones où elles estiment être en insécurité" et donc d’améliorer les équipements, comme l’éclairage.

Philippe Grall, directeur d'exploitation de la Semitan confirme la recrudescence du nombre des incivilités sur le réseau des transports à Nantes. "Cette période de confinement est anxiogène pour tout le monde, ce qui peut créer des problématiques sur le réseau, en particulier lié au port du masque", précise-t-il. Il confirme la création d'un groupe de travail "qui va réfléchir à des actions et des formations à mener au cours de l’année 2021".

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