Non, le CHU de Nantes n'a pas lancé d'appel aux dons urgent pour sauver une petite fille

Le faux appel du CHU de Nantes pour sauver une petite fille d'un an. / © MaxPPP/ DR
Le faux appel du CHU de Nantes pour sauver une petite fille d'un an. / © MaxPPP/ DR

L'histoire circule depuis 2003 et refait surface régulièrement. Non, l'hôpital de Nantes n'a pas lancé un appel pour sauver une petite Lucie atteinte d'une grave leucémie. Ceci n'est qu'un canular.

Par M. F.

L'histoire a plus de dix ans, et elle revient régulièrement par chaîne de mails ou via les réseaux sociaux. Ces derniers jours, on la voit revenir sur Twitter avec un message partagé plusieurs milliers de fois.

On le répète encore une fois : non, l'hôpital de Nantes n'a pas lancé d'appel urgent aux dons pour sauver une petite fille. Celui d'Angers non plus. Tout ceci n'est qu'un canular.


Un des messages relayant le faux appel :
Sur le message partagé sur les réseaux sociaux, un certain docteur Riaudeau serait à la recherche d'un donneur compatible pour sauver Lucie, une petite fille d'un an hospitalisée à Angers et atteinte d'une grave leucémie. Sauf que tout est faux.

Lorsqu'on tente de joindre le numéro de téléphone présent sur l'appel, on tombe sur un numéro non attribué, comme l'a constaté notre collègue de franceinfo dans sa chronique "Le vrai du fake". En appelant directement l'hôpital, on lui confirme que le docteur Riaudeau n'existe pas. Au téléphone, le standard du CHU précise que ce canular revient régulièrement.

Le Centre hospitalier universitaire de Nantes a même publié en 2012 un communiqué sur son site internet. "Ce message mensonger amène de très nombreuses personnes à chercher à joindre les CHU de Nantes et Angers; bien que motivés par de très bonnes intentions, ces appels encombrent inutilement des lignes déjà fort demandées", précise l'hôpital.



"Vous ne verrez jamais passer un appel comme ça"

Au départ de cette histoire, il y a bien un peu de vrai. En 2003, une petite fille, Noélie, souffrait d'une leucémie rare et a pu bénéficier d'une greffe. Elle est malheureusement décédée depuis.

C'est potentiellement un canular nuisible

indique sur franceinfo le docteur François Charpentier, directeur collecte et production à l'Établissement français du sang (EFS).

"Ce n'est pas comme ça qu'on fait quand on a besoin de trouver soit du sang soit un donneur de moelle", ajoute-t-il. "Quand un malade a besoin de quelque chose de rare, on va le trouver dans nos ressources, sinon on va le rechercher dans des réserves congelées."

"On a un fichier de donneurs de plusieurs millions de personnes avec des gens qui ont vraiment des groupes très rares. À ce moment-là, c'est très simple d'aller chercher dans notre fichier les quelques donneurs qui correspondent très précisément au besoin. On ne va pas faire un appel qui va provoquer un afflux massif de gens qui, en plus, ne conviendront pas."


Vous ne verrez jamais passer un appel aux dons comme ça de la part de l'EFS, et non plus de la part d'un hôpital qui sait qu'il doit s'adresser à nous.
 

Toutes les (bonnes) informations sur le don du sang ou de moelle osseuse sont disponibles sur le site de l'Établissement français du sang, le seul opérateur habilité en France.



Réécoutez la chronique de franceinfo (à partir de 3mn 40s):


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