Pollution de l'air : “Nantes trop timide” selon un rapport des ONG Greenpeace, Réseau Action Climat et Unicef

© Loïc Venance / AFP
© Loïc Venance / AFP

Greenpeace, le réseau action climat (RAC) et l'Unicef France, agence onusienne de protection de l'enfance, ont établi ce classement des 12 principales agglomérations de France, Paris 1ère, Marseille 12ème... Et Nantes ?

Par Christophe Turgis avec AFP

La Métropole nantaise a pour ambition de devenir exemplaire en matière environnementale. Mais selon le point de vue adopté, la réalité ne revêt pas nécessairement la forme souhaitée...

Est-il raisonnable de prendre sa voiture pour faire 3 km ? Est-il raisonnable de déposer son enfant devant la porte de l'école moteur diesel tournant ? Voici deux questions d'importance pour Greenpeace, le réseau action climat (RAC) et l'Unicef France. 

Paris, Grenoble et Strasbourg sont les grandes villes les plus actives dans la lutte contre la pollution de l'air due aux transports, selon le classement établi par ces trois ONG, Montpellier, Nice et Marseille fermant la marche.

En compilant les politiques engagées sur 17 points, répartis en six "enjeux clé", assortis chacun d'un "coefficient" d'importance : sortie des véhicules polluants, réduction de la place de la voiture, aides financières à la transition des modes de déplacement, développement du vélo, développement des transports en commun, mesures spécifiques pour les enfants.

Résultat "il n'y a aucune ville exemplaire", relève Lorelei Limousin, du RAC, mais certaines font plus d'efforts que d'autres et se classent "en bonne voie", meilleure catégorie du classement, avec en tête Paris, Grenoble puis Strasbourg.
 

Des politiques locales trop timides

Suivent, "encore timides", Lyon, Nantes, Bordeaux et Lille à égalité, Rennes puis Toulouse. Fermant la marche "en retard", viennent Montpellier, Nice et enfin Marseille.

Mais aucune des 12 n'arrive à actionner tous les leviers à la fois, même si Paris, Grenoble et Lyon n'ont aucun thème "en retard".

À quelques mois des municipales, les organisations espèrent "interpeller les candidats" et "informer les électeurs" sur ces questions, souligne Sarah Fayolle, chargée de campagne transports chez Greenpeace, même s'il n'est pas question d'appeler à voter pour telle ou telle liste.
"Les villes ont les compétences et accumuler du retard au lieu d'accélérer la transition serait irresponsable" en matière de lutte contre le réchauffement climatique, souligne Lorelei Limousin. 

La France fait d'ailleurs l'objet d'une procédure judiciaire de l'Union européenne pour dépassement des normes en matière de pollution de l'air, causée notamment par les émissions dues au transport routier.

Sur ce point, "très peu d'agglomérations avancent vers une sortie du diesel ou assument l'ambition d'une sortie du tout voiture", relève Sarah Fayolle.

Seule la capitale, dont la politique sur ce point de la maire Anne Hidalgo a été très contestée, est ainsi notée "en bonne voie" sur les deux thématiques "sortie des véhicules polluants" et "réduction de la place de la voiture", Strasbourg l'étant pour la première et Grenoble pour la seconde.

 

 

Nantes en bonne voie

Seules Grenoble, Strasbourg et Nantes sont "en bonne voie" en matière de mesures particulières pour les enfants, avec notamment des "rues scolaires" autour des écoles, fermées aux heures de passage d'élèves ou le développement de "vélo-bus" ou "pédi-bus" pour accompagner les enfants. 

En bas de classement, la cité phocéenne n'obtient un score "encore timide" que pour les aides à la transition, se classant "en retard" pour tous les autres chapitres.

En matière de comparaison le cas parisien est "particulier" reconnaissent les auteurs, puisque les niveaux de compétences varient selon les sujets et que la "métropole grand Paris" a comparativement moins de pouvoirs que d'autres structures similaires. Ce sont donc "les indicateurs communaux et en particuliers parisiens" qui ont été observés.

Des maladies respiratoires et des décès chez les enfants en augmentation

Les chiffres publiés par l''Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) sont sans appel !
La prévalence de l’asthme augmente : elle était de 2 à 3 % il y a 15 ans, contre 5 à 7 % actuellement. Les rhinites sont stabilisées à 6 % chez les enfants mais sont retrouvées chez 12 à 25 % d’adolescents.
Près de 2 000 décès sont enregistrés chaque année, du fait d’un asthme, dont 112 à 204 chez les enfants...

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