Un Brin de causette lance un appel aux bénévoles pour continuer d'offrir un petit déjeuner aux plus démunis

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Écrit par Olivier Quentin .

Installée dans le centre-ville de Nantes depuis 1970, cette association a vu fondre le nombre de ses bénévoles lors de la crise du Covid. Beaucoup ne sont pas revenus.

Le rideau métallique à peine levé, la petite salle à manger de Brin de causette est déjà pleine.

Il n'est pourtant que 7h du matin. Le centre-ville de Nantes s'éveille, on circule encore facilement et le jour se lève.

Dans la cuisine étroite, au fond du local, elles sont cinq ce matin à s’activer. Mais la gazinière fait des siennes, deux des feux refusent de s’allumer. Il faut pourtant toute la capacité de cuisson pour faire chauffer l’eau et le lait nécessaires. Ce jeudi matin, comme chaque jour de la semaine (sauf le dimanche), ils seront autour de 150 à s’attabler pour un petit déjeuner fait de café, de chocolat, de tartines, de brioches...

90 bénévoles

"Souvent, ils sont devant la porte avant l’ouverture", témoigne Françoise, une des bénévoles.

Fondée en 1970 par Marion Cahour, une ancienne infirmière scolaire, "Un brin de causette" est une institution à Nantes. A l’étage, ce qui était le petit appartement de Marion Cahour, est aujourd’hui le lieu de stockage des denrées alimentaires que l’association récupère auprès de la Banque Alimentaire.

90 bénévoles font tourner la boutique du lundi au samedi. Il n’y a plus assez de monde pour ouvrir le dimanche.

Comme beaucoup d’associations, "Un brin de causette" a subi la crise du Covid. Beaucoup de bénévoles, parmi les plus âgés, ont renoncé. D'autres sont arrivés, ce qui a permis d'ailleurs de modifier un peu le profil de l'équipe. Des étudiants, des actifs viennent régulièrement, des commerçants, un agent immobilier, deux avocats... 

"On voudrait rouvrir le dimanche"

"C'est un bénévolat en fonction de leurs disponibilités, explique Christian Prigent, l'un des co-présidents de l'association. Il nous faudrait un peu plus de monde pour remplir les cases. On voudrait rouvrir le dimanche mais il nous faudrait quatre équipes de sept personnes. Pour avoir un peu de réserve"

"Le seul avantage au moment du Covid, sourit Alain Le Boutouiller, co-président de l'association, c'est qu'on accueillait moins de monde à la fois. On avait plus le temps de discuter."

"Un brin de causette" doit pouvoir assumer son nom et apporter aussi de la chaleur humaine, au delà de la chaleur du café ou du thé.

Yann, 40 ans, attablé dans la salle, apprécie les lieux. Il se présente comme un ancien prof de Français, auteur. En galère. Yann a un toit mais il fait quelques économies sur les aides sociales dont il vit en venant prendre son petit-déjeuner ici. 

"C'est plutôt calme et correct avec une population bigarrée. Les gens parlent tout seuls. Ça anime le silence des autres" dit-il philosophiquement.

Une table plus loin, Malang est lui sans domicile. Cet ouvrier agricole dans le maraîchage cherche un logement. Il squatte quelque part derrière la Nef de l'éléphant, sur l'île de Nantes.

"Je viens ici une à deux fois par semaine. Il y a beaucoup d'ambiance" dit il en souriant alors qu'à côté de lui, un gars parle tout seul un peu trop fort. "Les gens qui travaillent ici sont bien" tient-il à préciser.

"D'autres tricotent des écharpes"

Si l'association vit de subventions des collectivités, de dons d'entreprises ou de fondations, elle bénéficie aussi de la générosité de particuliers. 

"Bernadette, à Vertou, raconte Christian Prigent, fait des confitures avec des fruits récupérés en fin de marché."

"D'autres tricotent des écharpes" ajoute Alain.

Pendant ce temps, dans la petite cuisine, Ghislaine continue de préparer les tartines avec du beurre et la confiture de Bernadette. 

"Un brin de causette", rue Sarrazin, près de l'église Saint-Similien à Nantes, fermera comme tous les matins à 11h. Peut-être un peu plus tard car "les bénéficiaires n'ont pas tous une montre" sourit Christian.

Le bénévolat à Brin de causette vous intéresse ?

Contactez l'association au 02 40 20 31 79 ou sur contact@unbrindecausette44.fr

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