Vélo : contre le vol, le marquage est désormais obligatoire

Parce que le vol des vélos est un frein à son usage, selon de nombreuses études, et assurément une plaie pour les cyclistes qui en sont victimes, le marquage des nos petites reines est désormais obligatoire, un fichier national permettra d'identifier leurs propriétaires.

300 000 ! C'est le nombre des vélos volés chaque année en France ! Ce chiffre qui parait invraissemblable donne la mesure de ce fléau. Les enquêtes menées par les associations de cyclistes comme la FUB, Fédération des usagers de la bicyclette, font ressortir que la crainte du vol est un frein à l'usage du vélo.

Si ce munir d'un bon et solide antivol relève du bon sens, le marquage des cadres parait une solution de nature à rassurer les cyclistes potentiels et à dissuader les voleurs. Depuis le premier janvier 2021, ce marquage est rendu obligatoire, et le propriétaire du vélo identifié dans un fichier national. Le décret d'application a été publié à la toute fin de décembre.

Annie-Claude Thiolat, présidente de Place au vélo à Nantes et vice-présidente de la FUB, se réjouit de la décision des pouvoirs publics. "C'est une vraie prise au sérieux de la mobilité à vélo. Nous avons été à l'origine du bicycode depuis 2004, nous avions déjà mis au point un système de marquage des vélos ainsi que le fichier correspondant. Cette fois-ci en le rendant obligatoire, et visible, le nombre de vols de vélos devrait considérablement chuter".

Jusqu'à présent, les marquages des vélos se faisaient souvent discrètement sous les cadres, donnant l'impression que le vélo n'appartenait à personne. "Désormais le marquage sera visible sous la selle !" Par une étiquette "adcolite" munie d'une colle ultra résistante appliquée sur le cadre. "Le système par micro-percussion ne fonctionne pas toujours très bien, selon la nature de la peinture, et les cadres en carbonne ne permettent pas cette gravure".

 

Vers un système européen ?

Le marquage des vélos neufs est donc désormais obligatoire et les commerçants disposent de quelques mois pour se mettre en règle avec cette nouvelle procédure. Le temps de disposer des étiquettes qui leurs sont livrées numérotées et surtout des outils.

Le fichier national unique des cycles identifiés (FNUCI) sera géré par l'Association de promotion et identification des cycles et de la mobilité active (APIC) ! Ça ne s'invente pas !

Le gouvernement a confié la mise en œuvre de ce fichier à cet organisme associatif qui réunit industriels, commerçants, des utilisateurs. Son président Patrick Guinard fait remarquer que "cette organisation est une première mondiale qui a vocation a devenir le standart européen dans les années à venir". Ce serait une bonne idée car pour l'instant l'étiquetage ne va pas de soi !

 

Pas d'homologation ni de garantie

Du côté des commerçants, c'est le grand flou ! Thierry Garel, à Nantes, trouve l'idée intéressante mais reste assez perplexe : "ça nous tombe dessus au dernier moment, sans aucune précision. Il y a plusieurs types de marquages, certains paraissent plus fiables que d'autres, mais aucun n'est homogué par les services de l'État !"

"Quand on demande aux fabricants comment s'applique la garantie quand on a modifié l'aspect du vélo par un collage sur la peinture, on obtient aucune réponse. Ils sont la plupart du temps étrangers et cette règlementation ne concerne que la France". Les industriels français du vélo avancent en privilégiant une solution plutôt qu'une autre, "il y a en gros quatre systèmes de collage des étiquettes de marquage sur le marché, si on doit disposer des quatre dans chaque commerce on ne va pas s'en sortir".

D'autant que l'application du marquage ne se fait pas en 3 secondes. "Il faut coller l'étiquette, ce qui prend une quinzaine de minutes, puis ensuite il faut attendre 24h de séchage avant de pouvoir utiliser le vélo". Dans un monde idéal, il faudrait donc que le vélo soit étiqueté par le fabricant.

Se pose aussi la question du coût, "chez Paravol l'étiquette est à 27 € plus la pose, chez Recobike un peu plus, sans compter le temps de l'application, si j'ajoute 30 ou 40 euros sur le prix du vélo, les clients vont me regarder de travers", sourit Thierry Garel.

Sans prendre en compte le cas particulier des vélos de "luxe", très chers à destination d'une clientèle aisée, vélos dont les concepteurs ont particulièrement soigné l'esthétique et le design, et sur lesquels l'étiquette anti-vol ferait un peu comme... une verrue sur le nez !

Et pour les vieux clous ? Les propriétaires de vélos qui n'ont pas encore été marqués peuvent le faire, en se rendant par exemple dans une association comme Place au vélo. Par ces temps de crise sanitaire il convient de prendre rendez-vous.

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