Questions ouest : l'ouest a-t-il du coeur ?

Acheter des objets à Emmaüs ou en donner pour qu'ils soient vendus, faire des dons aux Restos du Coeur... Les habitants des Pays de la Loire et de Bretagne sont parmi les plus nombreux à donner en France, même s'il ne s'agit pas des plus grosses sommes...
16 millions de bénévoles, 7, 5 milliards de dons chaque année. Collectes, financements participatifs, legs. Les Français sont généreux, s'engagent, donne du temps ou de l'argent... 

Étudiante en sociologie, Marie Bonnet a naturellement poussé la porte de Paloma. L'association accompagne au quotidien les travailleurs et travailleuses du sexe dans leur parcours de vie. La jeune Nantaise de 21 ans passe chaque semaine trois nuits aux côtés des prostituées.

"Quelque part, j'ai l'impression de faire quelque chose de bien" explique la jeune femme, "en retour, je reçois aussi beaucoup. C'est un échange mutuel. On n'arrive pas en tant que bénévole dans une posture de "sachant" qui apprend à l'autre, on apprend les uns des autres."

"Le bénévole qui va s'engager à Paloma, on ne va pas lui demander de faire, on va lui demander de laisser la personne faire",
souligne Maïwenn Henrique, coordinatrice de l'association Paloma, qui précise que le bénévole va "s'intéresser au contexte de vie de la personne et de valoriser les compétences que la personne, valoriser ses choix."
L'ouest a-t-il du coeur ?
Bretagne et Pays de loire. Deux régions particulièrement philanthropes, marquées par la tradition du faire ensemble et l'héritage du catholicisme.

"On est sur des régions où les valeurs chrétiennes, sociales, sont toujours présentes historiquement", précise Yann Desdouet, délégué général de la Fondation de France Grand Ouest, "quand on croise la carte de la pratique religieuse avec la carte du don, on s'aperçoit qu'il y a une relation entre les deux."

Bien que la pratique religieuse ait baissée, on retrouve aujourd'hui dans l'acte de don les valeurs de solidarité, les valeurs collectives - Yann Desdouet

A Morlaix, dans le Finistère, le collectif a fait son oeuvre. Le restaurant de Sarah et Dinah est quasiment complet tous les midis. Mais, il y a 3 ans, convaincre les banques n'a pas été une mince affaire. Alors les deux jeunes femmes ont fait appel aux bénévoles de la Cigale. Un club de financement citoyen composé de particuliers qui placent leur épargne dans des projets de créateurs d'entreprise.

"Il n'y a rien à gagner... Il y a le plaisir d'aider, le fait de se retrouver ensemble pour discuter sur les projets", explique Jean-Pierre Cloarec, membre de la Cigale "Le coup de main", "on crée de l'emploi, à notre manière, on donne un petit coup de pouce"

D'une année sur l'autre, les chiffres varient peu. Mais les observateurs sont inquiets pour 2019. Réformes fiscales, hausse de la CSG pour les retraités, prélèvement de l'impôt à la source... Autant de mesures qui pourraient freiner les donateurs. Une tendance nationale qui n'épargnera pas le grand Ouest.




 
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