Saint-Gildas-des-Bois : un projet de ferme aux 3 000 porcs suscite l'émotion dans la commune

Les habitants de la commune de Saint-Gildas-des-Bois, en Loire-Atlantique, ont découvert par hasard que le conseil municipal avait donné un avis favorable à la construction d'une porcherie devant accueillir 2 993 cochons d'élevage. Sans passer par l'affichage réglementaire.

Une truie et ses porcelets dans un élevage industriel
Une truie et ses porcelets dans un élevage industriel © Joël Le Gall / MAXPPP

À Saint-Gildas-des-Bois, commune située au nord-ouest de la Loire-Atalntique, le projet de reconstruction d'une ferme d'élevage de cochons était bien parti pour passer inapercu.

Aucune des trois communes concernées, avec Sévérac et Pontchâteau, n'a affiché l'avis de consultation publique. Et la délibération du conseil municipal a été prise sans publicité. Pourtant, les élus ont accordé un permis de construire et donné un avis positif au projet présenté par le GAEC du Pont de la Roche.

 

Une ferme aux 3 000 porcs

Pas du goût d'un collectif d'habitants qui s'est ému de cette démarche en "catimini". "Nous ne sommes pas contre la nécessité de moderniser la ferme, affirme Christian Tholin du collectif Stop au projet des 3000 porcs, mais à une époque où l'on mesure le risque des zoonoses par la concentration des animaux, on se demande pourquoi vouloir doubler le nombre d'animaux".

Pour les agriculteurs, placés devant la nécessité de rénover leur élevage, l'aide de la Cooperl (Coopérative Agricole et Agroalimentaire du Grand Ouest) se monterait à 1 800 000 euros. Avec, non pas une reconstruction à l'identique pour 1 500 animaux comme actuellement, mais pour précisément 2 993 cochons. Auxquels il convient d'ajouter 135 vaches déjà présentes.

"Les agriculteurs nous disent que les animaux seront deux fois moins producteurs de pollutions, on veut bien les croire, mais si on en élève deux fois plus, le bilan environnemental sera rigoureusement le même" indique Christian Tholin. Les éleveurs avancent la méthanisation des déjections comme moyen de réduire l'impact environnemental des animaux. "Mais pour cela il faut des usines qui vont produire du bio gaz, (pas du gaz bio, ndlr) qui n'existent pas", constatent les opposants !

 

Un manquement à la démocratie locale

Le collectif a adressé un courrier aux services du préfet de la Loire-Atlantique pour se plaindre du défaut d'affichage relatif au projet. Visiblement, le préfet a admis ce manquement à la démocratie locale, et relance cette consultation publique de la mi-mars à la mi-avril.

"Samedi 27 février, nous ne manifesterons pas parce que le projet se monte, mais contre le manquement aux informations dues à la population".

Le collectif "Stop au projet des 3 000 porcs" invite les habitants des communes concernées à une manifestation informative en début d'après devant la mairie de Saint-Gildas-des-Bois. Une pétition a déjà rassemblé plus de 1 500 signatures opposées au projet.

 

Bien-être animal et antispécisme

Car, en plus de jouer avec la démocratie locale, la ferme des 2 993 aporcs attire aussi l'attention des associations environnementalistes ou pro-animaux par les caractéristiques mêmes de son projet. "Un élevage sur caillebotis de 0,7 à 0,8 m², alors que l'Union Européenne demande 1m² pour un animal de 110 kg" s'indigne Christian Tholin. Directive qui indique que les cochons doivent pouvoir se déplacer et fouiller le sol.

L214, dont on connait les vidéos spectaculaires réalisées dans les élevages et les abbatoirs contrevenant aux règles élémentaires de base du bien être animal, sera présente. Tout comme 269 Life France, mouvement antispéciste.

Contactée, la mairie de Saint-Gildas-des-Bois n'a toujours pas répondu à nos sollicitations à l'heure où nous publions cet article.

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