Coronavirus : seuls commerces non-alimentaires autorisés, les tabacs s'adaptent au confinement, exemple à Saint-Nazaire

Tabac presse à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard
Tabac presse à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard

Les tabacs sont les seuls commerces non-alimentaires autorisés à ouvrir en cette période de confinement. Seule une infime partie d'entre eux a choisi de fermer par peur du coronavirus. Les autres craignent de ne pas pouvoir toucher l'aide de 1 500 euros promise aux employeurs par le gouvernement.

Par Elodie Soulard avec Fabienne Béranger

10 heures ce 26 mars, en centre-ville de Saint-Nazaire. À cette heure-ci avant le confinement, des clients buvaient leur café au comptoir ou en terrasse du Balto, un bar-tabac.

C’est aujourd’hui fini. Masqués et gantés derrière leur comptoir, Cholé Maillard et Kevin Thomas attendent les clients. Eux ne sont pas au chômage partiel comme quatre de leurs collègues de l’établissement, qui compte neuf salariés. Ils gèrent la partie tabac encore ouverte.

Normalement ouvert 7/7,  avec une grosse activité le week-end, ce bar-tabac a modifié ses horaires. Aujourd’hui, ses portes sont ouvertes de 8 à 20 heures du lundi au vendredi.
 
Tabac presse Le Balto à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard
Tabac presse Le Balto à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard


Deux fois moins de clients

D’habitude, passent ici près de mille clients par jour, il y en a moitié moins depuis la mise en place du confinement.  

Surtout une clientèle d’habitués. "Ils viennent acheter leur journal. Mais aussi des timbres, des mots croisés, des mots mêlés, des sudokus. On n’en a jamais autant vendus" constate Chloé.

"Parfois, il faut rappeler à l’ordre les clients pour qu’ils respectent les distances de sécurité entre eux ou avec nous", souligne celle qui vient travailler chaque matin avec un peu d’appréhension. Ici, la vente de tabac représente ici 70% du chiffre d’affaires.
 

Les jeux de grattage, pas un achat de première nécessité

Dans un autre quartier, le Rallye, un bar-tabac-PMU où les habitués aimaient se retrouver pour jouer. Mais il n’y a plus de courses hippiques.

"Ça représentait la moitié de mon activité. J’ai donc dû mettre mes deux salariées au chômage partiel. Elle travaillaient 20 heures par semaine pour l’une et 35 heures par semaine pour l’autre", indique Laurent Philippe, le patron de l’établissement. Il ouvre désormais seul de 8 à 16 heures, "ça me sort de chez moi", dit-il.
 

 

Tabac presse à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard
Tabac presse à Saint-Nazaire, 25 mars 2020 / © France Televisions - Elodie Soulard

Et depuis le début de la semaine, La Française des jeux a lancé une campagne indiquant que les jeux de grattage ne sont pas des achats de première nécessité. "Certaines personnes se déplaçaient jusqu’à 10 fois par jour pour jouer", remarque Philippe Glory, président de la chambre syndicale des buralistes de Loire-Atlantique. 

Dans son tabac à Rezé, il a bricolé des plaques en plexiglas pour la caisse et la dentiste de son quartier. C'est aussi lui qui leur a donné des masques pour se protéger des postillons des clients. 
 

Par peur, certains tabacs ont tiré leur rideau

Mais par peur et pour protéger leurs salariés, une vingtaine de bureaux de tabac de Loire-Atlantique, sur les 432 que compte le département, ont décidé de fermer commerce. Ils seraient une trentaine en Maine-et-Loire, sur 380.

Quid des aides de l’État pour ces établissements ? Pour le moment, les banques jouent de jeu et les reports de charges sur les salaires se feront. Il n’y aura pas trop de casse. Mais les 1 500 euros de prime annoncés par le gouvernement pour dédommager les employeurs ne concernent pas les buralistes. Car ils ne perdront pas 70% de leur chiffre d’affaires, tient à préciser Philippe Glory.

Les établissements les plus touchés par une baisse d’activité sont ceux des centre-villes. 




 

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