Plus de 500 personnes pour la marche blanche de Saint-Nazaire et un rassemblement contre les féminicides à Nantes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Olivier Quentin avec Vincent Raynal et Lilia Khelfaoui

L'enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances de la mort d'Amélie Thomas, décédée le 8 octobre à son domicile de Trignac qu'elle allait quitter. 500 personnes ont défilé ce samedi à Saint-Nazaire.

Beaucoup d'émotion à Saint-Nazaire ce samedi en début d'après-midi. 

Plusieurs centaines de personnes, au moins 500, se sont rassemblées tout d'abord Passage de Cran, vers l'avenue de la République, dans le centre-ville. C'était à cette adresse que la victime, Amélie Thomas, avait trouvé un appartement pour fuir un conjoint jaloux.

Mais elle n'en a pas eu la possibilité.

Un suicide aux allures de meurtre

Le 8 octobre dernier, son corps a été retrouvé, gisant dans une chambre du domicile qu'elle occupait avec son compagnon, l'enfant qu'ils ont eu ensemble ainsi que le fils de cet homme, à Trignac. Suicide par pendaison avait dit l'homme aux gendarmes mais il a été rapidement mis en examen pour meurtre par conjoint.

Ce samedi, une marche était donc organisée à Saint-Nazaire en souvenir d'Amélie Thomas. Marche qui est partie de là où Amélie avait espéré pouvoir se mettre à l'abri pour rejoindre ensuite, en silence, la place du Commando.

Beaucoup avaient revêtu un tee-shirt blanc et les femmes une jupe. Parce qu'Amélie n'avait pas le droit de porter de jupe. Selon les témoignages de son entourage, son compagnon le lui interdisait.

Parmi les personnes présentes, certaines ne la connaissaient pas mais étaient là pour dire leur émotion face à ce nouveau féminicide et leur soutien aux proches de la victime.

D'autres étaient des collègues de travail d'Amélie Thomas qui était assistante sociale au centre hospitalier de Saint-Nazaire. Il y avait aussi des élus dont le maire de Trignac et l'intercollectif féministe de Saint-Nazaire.

Il y a eu des prises de paroles et un poème très touchant qui a été lu. 

L'enquête est toujours en cours menée par un juge d'instruction de Nantes.

Un rassemblement à Nantes

 

Au même moment, sur la place Royale à Nantes, l'association "Nous Toutes 44" avait donné rendez-vous pour un rassemblement afin de dénoncer les féminicides en France, il y en a eu 104 à ce jour depuis le début de l'année.

Pour cette manifestation, l'association avait demandé à des femmes de porter une ou plusieurs pancartes mentionnant une victime. Quand le nom de la victime était donné, la personne se couchait et l'emplacement de son corps était marqué à la craie, comme sur une scène de crime. 

"C'est important de soutenir et montrer la voix de ces femmes qui malheureusement n'ont plus de voix et qui ont été assassinées cruellement parce qu'elles étaient des femmes" dit Manon, une des jeunes femmes présentes place Royale.

"Le gouvernement ne fait rien, regrette Julie une autre jeune femme. 60 % de femmes (victimes) avaient porté plainte. Il n'y a pas d'action politique concrète. On n'était même pas assez pour porter les noms des 104 femmes mortes."

"Les incarner, c'était assez émouvant comme expérience" témoigne aussi Célia. Il faut prendre partie, il faut défendre ces femmes et regarder autour de nous."

"On demande 1 milliard d'euros d'aide pour le service public, explique Maelys Couroussé de l'association Nous Toutes 44. Actuellement, ce sont les associations qui font le travail de l'Etat sur tout ce qui est la condition des femmes. On demande plus de structures d'accompagnement, d'hébergement. A Nantes, on a Citad'elles, c'est très bien mais ce n'est pas assez. Rien que pour la symbolique, on souhaiterait qu'il n'y ait plus de ministre accusé de viol au gouvernement ."

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