Saint-Nazaire : la famille Dauvé vit bloquée dans un logement insalubre, "s'il y a un incendie nous ne sommes plus assurés"

Publié le
Écrit par Céline Dupeyrat .

Malgré une victoire en première instance en justice en octobre 2021, un couple de propriétaires nde Saint-Nazaire, victime d'une escroquerie immobilière, vit un véritable cauchemar dans un logement insalubre du centre-ville.

Leur vie est devenue un véritable enfer. Arnaud Dauvé et sa femme, propriétaires d'un appartement dans le centre ville de Saint-Nazaire, en ont perdu le sommeil.

Malgré une victoire en justice, le cauchemar n'en finit pour ces Nazairiens,  parents d'une petite fille de 5 ans.

En mars 2015, ils se lancent dans l'achat d'un duplex, situé 26 rue de Normandie en plein centre ville de Saint-Nazaire. Le logement est un duplex de 89 m². La vente se fait en confiance avec un professionnel de l'immobilier. Le couple débourse 89 000 euros pour devenir propriétaire.

Un logement classé insalubre en 2013 par arrêté préfectoral

A l'époque Arnaud Dauvé est loin d'imaginer qu'il vient d'emménager dans un bâtiment insalubre. "L'ensemble de l'immeuble appartenait à la même personne, un propriétaire originaire du Morbihan. Il avait demandé à la mairie un permis de construire et l'autorisation de faire des travaux, notamment pour transformer la cave en habitation. Cela lui a été refusé."

Le propriétaire peu vertueux engage tout de même le chantier. Il y installe un premier locataire. Nous sommes en 2013, la partie construite en sous-sol est déclarée insalubre par arrêté préfectoral. Tout cela Arnaud ne le sait pas au moment de signer. Il va le découvrir plus tard, trop tard...

J'ai contacté la mairie, la préfecture, le ministère du logement. Je suis seul, personne ne peut nous aider

Arnaud Dauvé

"Tout est moisi, humide et noirci"

En attendant, la famille vit dans des conditions indignes : "c'est vraiment pourri. Nous avons coupé l'eau et l'électricité dans la partie basse rongée par les moisissures. Par mesure de sécurité on habite dans une petite surface de 30 m² qui commence à noircir elle aussi."

Une situation insoutenable d'autant que le syndic de copropriété met la pression sur le couple pour qu'il quitte les lieux. "Nous n'avons plus d'assurance. Personne ne veut prendre le risque de nous couvrir. C'est l'enfer total pour nous", se désole Arnaud. 

Le couple est au bout du rouleau. La femme d'Arnaud, aide à domicile est en arrêt de travail, sous anti-dépresseurs.

Je prends des cachets pour dormir. Je passe toutes mes nuits dans la chambre de ma fille, c'est la pièce la plus froide. Elle, elle dort avec sa maman pour avoir chaud

Arnaud Dauvé

L'appartement n'est plus du tout isolé. Les remontées capillaires commencent à se répercuter à l'étage. Tous les murs sont noircis, tout est humide et moisi. Le Nazairien ne sait plus à quelle porte frapper : "J'ai contacté la mairie qui m'a fait savoir que l'affaire était d'ordre privé, l'ARS ne peut se retourner que contre nous, pas contre l'ancien propriétaire, la préfecture me balade de service en service et ne peut rien faire pour nous."

Moi je suis complètement en panique. Si un incendie se déclenche, je ne sais pas ce qu'il va se passer. On n'a plus d'assurance !

Arnaud Dauvé

Arnaud trouve la force de se lever chaque matin. Il est magasinier cariste. S'il tient le coup, c'est parce que la justice lui a donné raison en octobre 2021, ordonnant l'annulation de la vente.

L'ancien propriétaire breton à été condamné à récupérer son bien et à indemniser le couple Dauvé pour toutes les sommes engagées. A savoir, 13 600 euros de dommages et intérêts. Une victoire de courte durée. Le contrevenant a fait appel de la décision, relançant ainsi l'appareil judiciaire d'au moins un an. 

Dans son combat, la famille est accompagnée par l'association "Réveillons la solidarité". "Arnaud Dauvé a lancé un appel au secours sur les réseaux sociaux sur de l'aide et de l'accompagnement alimentaire. Dans l'urgence nous lui avons livré de quoi nourrir sa famille. Je ne connaissais de son histoire. Il m'a tout raconté. On ne pas rester insensible à la situation dramatique de cette famille", témoigne Jean-Michel Texier, responsable de l'association "Réveillons la solidarité".

"Je n'ai pas de mots pour qualifier cette situation"

C'est l'histoire d'une famille "normale" avec une petite fille qui a envie de s'installer qui travaille et accède à son rêve de devenir propriétaire. Et puis ils découvrent quelques années plus tard, l'escroquerie.

Jean_Michel Texier, association "Réveillons la solidarité"

"Même le notaire, qui n'a toujours pas été inquiété, est hors les clous il a rendu 90 m² habitable en utilisant 60 m² de garage. On marche sur la tête, on est sur une autre planète!", tempête Jean-Michel Texier.

Il insiste sur le fait qu'Arnaud Dauvé a tout fait, tout essayer, pour mettre sa famille à l'abri. "Je suis un ancien élu, j'ai fait jouer mon réseau. J'ai frappé aux mêmes portes que lui et comme lui, je me suis cassé le nez !", témoigne le bénévole.

"Cette famille est toujours en galère avec un épée de Damoclès au dessus de la tête. Leur vie n'est qu'angoisse, que stress.", ajoute Jean-Michel Texier qui lance aujourd'hui un appel aux Nazairiens qui auraient un logement vacant à mettre à disposition de la famille Dauvé.

Les Dauvé ne rêvent plus que d'une chose : quitter cet appartement qu'ils ont en horreur. "Nous avons demandé un logement d'urgence à titre gracieux aux autorités compétentes", explique Arnaud Dauvé.

En attendant le couple continue de payer son crédit : 400 euros par mois avec un seul salaire. Arnaud et sa femme Sonia ont demandé une suspension juridique des remboursements à titre exceptionnels, la banque devrait leur répondre favorablement dans les prochains jours. 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité