Saint-Nazaire en Nationale : le kayak polo, une très chère passion

Les poloïstes nazairiens en National / © Christophe François
Les poloïstes nazairiens en National / © Christophe François

Le kayak polo est un sport qui monte, mais dans les clubs de canoë-kayak ! C'est-à-dire qu’il faut déjà fréquenter les plans d’eau, les rivières voire les piscines, l’hiver. Autant dire que ce sport reste pour l’heure confidentiel, malgré des atouts non négligeables.

Par Christophe François

A Saint Nazaire, le club comporte quatre équipes de kayak polo dont l’équipe phare : celle de National 1. Un rang conquis à nouveau en 2016 après un passage en N2, en sports,  rien n’est acquis, à fortiori en kayak polo non plus !

Portrait type du "poloïste" de N1

Il est âgé de 16 à 40 ans, ici à Saint Nazaire, la moyenne tourne autour des 25 ans. Le sport se découvre souvent en famille, les papas ou les mamans sèment des graines de passion et un jour, c’est l’aîné, voire la fratrie qui réclame pour en être.

Le poloïste nazairien est étudiant, enseignant, informaticien ou apprenti banquier et travaille à Saint Nazaire, Dreux, Angers ou Angoulême. Pour un sportif appelé à affronter les clubs d’Agen, St Omer, Corbeilles-Essonne, il est clair que le poloïste est avant tout un routard du sport.

Ensuite, il faut faire ses classes, apprendre et apprendre encore. L’esprit du "poloïste" est celui d’un amateur de "sport co" mais avec pagaies et gilet de sauvetage en plus : partage, esprit de groupe, échange et communication, sens du jeu. Sans oublier bien sûr l’esprit de compétition ! Car la bataille (navale) est rude !

Un sport confidentiel

Autant dire qu’il faut une préparation physique irréprochable pour espérer rivaliser avec les meilleurs clubs de France. Ces clubs n’appartiennent pas à des grandes villes. Celles-ci sont tournées vers le foot, le rugby, le hand ou le basket. Non, ce sont plutôt des villes moyennes voire petites : Saint-Omer, Thury-Harcourt, Saint-Grégoire, Acigné… Mais justement, parfois sur les fondations d’un club de canoë-kayak dynamique, une filière polo s’est constituée et la collectivité voit en cette spécialité l’occasion de briller au plus haut niveau national. Les jeunes apprennent mieux et plus vite à l’ombre de leurs aînés de champions et le club se renforce et se renouvelle avec le temps. C’est donc aussi, et comme souvent, une question de moyens.

... qui n'attire pas les sponsors 

Et c’est ce qui fait défaut au club de Saint Nazaire : les moyens financiers. A plus de 2 000 euros le kayak de compétition, l’enveloppe municipale a vite fait d’être ponctionnée, voire vidée.

Alors, pour les pagaies, les casques, les déplacements et les repas, il faut prévoir de taper dans son propre porte-monnaie. Payer pour jouer quand d’autres sportifs sont payés à prix d’or… la loi de l’offre et de la demande s’applique dans tous les domaines.

1500 euros, c’est ce que chaque joueur doit prévoir pour chaque saison s’il veut pratiquer son sport à haut niveau comme en N1. Les sacrifices sont acceptés, c’est le prix de la passion, le prix du haut niveau non médiatisé. Mais il est quand même un seuil que les joueurs ne veulent plus franchir : à la veille de chaque compétition, il dorment à l’hôtel. C’est le prix à payer pour être performant. Mais il est des poloïstes qui dorment sous tente pour contenir les dépenses !

Nous avons donc rencontré l’équipe de Saint Nazaire un jour de compétition en National 1.Sept clubs étaient présents. Dans un autre coin de France se déroulait le même jour l’autre moitié du championnat qui affiche 14 équipes. Afin de réduire le nombre de déplacements et autant de frais, les rencontres sont groupées sur un ou deux sites et plusieurs matches ont lieu le même weekend. 2 x 10’ de jeu effectif, les poloïstes donnent tout ce qu’ils ont durant une petite demi-heure.
Objectif : lancer le ballon dans une cage de but carrée située en hauteur. Sachant que l’adversaire peut élever sa pagaie pour contrer le tir, notamment le gardien, qui  possède une pagaie plus longue et un statut particulier : on ne touche pas au gardien !

Sur la rive, les jeunes ne ratent rien de la bataille navale. Younès est au micro et partage de temps à autre son emballement pour tel but ou telle action. Avec son équipe, ils ont commencé à faire des rencontres régionales, ils ont même affronté des filles classées en U21 et des équipes étrangères. L’une d’elles leur a octroyé 2 000 euros pour les inviter à un tournoi international à Belfast, il est des pays où le kayak polo intéresse des mécènes…mais le budget du voyage et du séjour en Irlande demande plus. Alors Younès et ses copains cherchent des sous.
Comme les grands, comme les aînés de l’équipe de N1.

L’affrontement sur l’eau est superbe, personne ne lâche rien, les tirs fusent au milieu des gerbes d’eau et des cris des joueurs…les canards sont aux premières loges, les joueurs des autres clubs juste derrière. Quelques amis aussi, et leurs jeunes enfants. La relève, peut-être…

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