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Saint-Nazaire : soupçons d'abus sexuels à la mairie, les affaires classées sans suite

© Capture France 3 et Twitter
© Capture France 3 et Twitter

La procureure de la République de Saint-Nazaire a classé sans suite, ce vendredi 28 juin, les affaires de diffamation et de viol au sein de la majorité municipale Nazairienne.
 

Par Céline Dupeyrat

Ce pourrait être l'épilogue d'une affaire qui pendant plusieurs semaines a secoué le conseil municipal de Saint-Nazaire. La Procureure de la République a classé sans suite, jeudi 27 juin, les deux dossiers de diffamation et de viol.

Une plainte à l'encontre de Laurianne Deniaud, première-adjpointe au maire de Saint-Nazaire, pour diffamation avait été déposée le 13 mai par Martin Arnout.

Le 11 juin Sylvie Canovas, procureur de la République, avait reçu un courrier d'une élue révélant des faits de violences sexuelles commises en 2014 à l'encontre de Gaëlle Betlamini Da Silva par Martin Arnout, tous deux conseillers municipaux.


Après avoir auditionné les personnes concernées, la Procureur conclut que "l'ensemble des investigations menées n'ont pas permis de caractériser les éléments constitutifs du crime de viol.  Le parquet a donc pris, le 27 juin 2019, la décision de classer sans suite pour absence d'infraction".


"S'agissant de la plainte pour diffamation déposée par Martin Arnout contre Laurianne Deniaud qui avait évoqué ces faits lors d'une réunion au sein de la municipalité de Saint-Nazaire, le parquet a procédè le 27 juin 2019 à son classement sans suite", poursuit la procureure de la République.

Le parquet précise que "Martin Arnout a la faculté de saisir une juridiction de jugement par voie de citation directe et de prendre lui-même l'initiative des poursuites".

Démissions en cascade

Laurianne Deniaud a annoncé le même jour, jeudi 27 juin sa démission en tant que première adjointe au maire de Saint-Nazaire.

Invitée de notre édition régionale du jeudi 27 juin., l'élue a déclaré avoir "décidé de transmettre en fin d'après-midi (sa) lettre de démission de l'éxécutif au maire de Saint-Nazaire. Cette décision je l'ai prise avec tristesse mais en responsabilité parce que je ne peux plus être solidaire de cet exécutif qui traite, pour moi, de manière aussi inconséquentes des questions de violence sexuelle".

"J ai fait le choix de rendre mes délégations mais de rester membre du conseil municipal car ce sont les Nazairiens et les Nazairiennes qui m'ont élue et je souhaite rester vigilante sur les questions d'égalité femmes-hommes", a poursuivi Laurianne Deniaud.

"Il y a un an avec, plusieurs adjointes, on a alerté notre maire sur trois points. Le premier c'était le témoignage, les confidences que nous avait faites l'une de nos collègues sur un rapport potentiellement non consenti". Ce sont ajoutées à cela "des inquiétudes concernant d'autres femmes" ainsi qu'un "climat sexiste" a précisé Laurianne Deniaud.

"Je regrette profondément que David Samzun n'ait pas protégé la victime présumée", "n'ait pas montré non plus d'empathie à son égard" a poursuivi l'élue, faisant allusion à cette affaire de soupçons sexuels qui empoisonne la majorité nazairienne depuis plusieurs semaines.

Laurianne Deniaud nous a précisé quelle ne présenterait pas de liste contre David Samzun, l'actuel maire de Saint-Nazaire. "Ma seule intention depuis 5 ans a été de servir les Nazairiens et c'est avec beuucoup d'honneur que je es ai servis depuis 5 ans".


La démission de Lauriane Deniaud de son poste de première adjointe intervient au lendemain de la démission de Gaëlle Betlamini Da Silva . Gaêlle Bénizé-Thual et Régine Le Bail ont également jeté l'éponge.

Cet imbroglio intervient dix mois avant les prochaines élections municipales.

Le conseil municipal de Saint-Nazaire s'est ce vendredi matin 28 juin. En ouverture de la séance David Samzun, maire de Saint-Nazaire a lu une lettre qu'il a posté sur les réseaux sociaux.

La déclaration de David Samzun en ouverture du conseil municipal

"Comme chacun le sait, une affaire strictement privée entre deux personnes élu.es au Conseil municipal de Saint-Nazaire a fait naître un débat politique et public sur l’articulation à trouver entre protection des victimes de violences sexuelles et préservation de la présomption d’innocence.
Il n’est une surprise pour personne que la majorité municipale est profondément divisée sur la nature des mesures conservatoires devant être prises lorsque deux personnes élu.es sont concerné.es par un contentieux de cette nature"
, a déclaré David Samzun.



"J’ai veillé à ne pas convoquer Gaëlle Betlamini dans une procédure judiciaire qu’elle m’a toujours indiqué ne pas souhaiter engager. Je ne laisserai pas dire qu’elle a été abandonnée, tant les contacts à sa demande ont été réguliers d’avril 2018 à avril dernier avec mes collaborateurs de cabinet, qui ont fait leur possible pour l’écouter, dans le respect de son cheminement", a poursuivi le maire de Saint-Nazaire.

Je précise, bien entendu, qu’aucune des personnes parties prenantes de cette affaire, ni aucun des élu.es signataires de l’appel « Ils ne nous feront pas taire » ne sera présent sur la liste que je conduirai lors des élections municipales de mars 2020- David Samzun.


Une nouvelle conférence de presse du collectif "Ils ne nous feront pas taire" aura lieu ce vendredi après-midi.



 

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