Maine-et-Loire, Twitch : le député LREM Denis Masséglia affrontera un député LFI sur League of Legends ce lundi 14 juin

De l'hémicycle de l'Assemblée nationale à l'arène de bataille de League of Legends... Un duel plutôt inattendu, entre le député LREM du Maine-et-Loire Denis Masséglia et le député Insoumis du Nord Ugo Bernalicis, sera diffusé ce lundi 14 juin à 20h sur Twitch. 

Le député LREM de la 5ème circonscription Denis Masséglia change d'univers ce soir, passant de l'hémicycle de l'Assemblée nationale à l'arène de bataille de League of Legends.
Le député LREM de la 5ème circonscription Denis Masséglia change d'univers ce soir, passant de l'hémicycle de l'Assemblée nationale à l'arène de bataille de League of Legends. © MAXPPP

Rendez-vous à 20 heures, ce lundi 14 juin 2021, sur la plateforme de vidéo en direct Twitch. Le député LREM du Maine-et-Loire Denis Masséglia jouera au jeu vidéo League of Legends (LoL) face au député Insoumis du Nord, Ugo Bernalicis. Un "showmatch politique" animé par le Youtubeur GobGG et diffusé sur la chaîne Twitch de Jean Massiet, streameur spécialisé dans la politique et les jeux qui compte plus de 100 000 followers. 

Une rencontre improbable... partie d'une provocation sur Twitter 

A l’origine de ce match improbable... la provocation d’un internaute. Le 3 mai dernier, Ugo Bernalicis félicite dans un tweet la structure française Karmine Corp, tout juste sacrée championne d’Europe de League of Legends. Un membre des Jeunes avec Macron l’accuse alors de publier un tweet “hypocrite” pour influencer les jeunes à voter pour la France Insoumise. Selon lui, le député, “ne comprendrait rien” au jeu. Ni une, ni deux, le Nordiste qui joue 3 à 4 heures par semaine aux jeux vidéo, défie le député macroniste Denis Masséglia de constituer une équipe LREM pour jouer contre la sienne, composée de militants de la France Insoumise. 
 

Ce lundi soir, après une première demie heure d’introduction, les deux personnalités politiques s'affronteront dans un match 1 contre 1 au sein d’une arène de bataille. Ils abandonneront alors le costume cravate pour une tenue virtuelle de héros. Objectif : briser la base centrale adverse dans la “faille de l’invocateur”.

5 militants LREM face à 5 militants LFI 

Le jeu prend la forme d’une carte avec différents chemins que le joueur peut emprunter. “On rencontre régulièrement un adversaire, il faut alors le renverser, grâce à des personnages qui ont des caractères spécifiques, décrit le député du Maine-et-Loire. J’aime ce jeu car il demande une stratégie précise que l’on pourrait comparer celle des échecs et une dextérité qu’on pourrait comparer au football.” 

S’en suivront deux ou trois matchs, selon les résultats, en deux équipes de 5 joueurs. Chacune est composée de militants de LREM et LFI, dont David Guiraud, porte-parole Jeunesse de la France Insoumise. Une femme minimum doit faire partie de chaque équipe. 
 

Amis-ennemis 

Si c’est la toute première fois que les deux députés s’affrontent, ils avaient déjà joué ensemble, côte à côte, au ZEvent, en octobre 2020 dans une partie organisée au profit d’Amnesty International. Tous les deux membres d’un groupe d’études sur les jeux vidéo, ils ne se décrivent pas comme "amis", mais se “respectent” mutuellement : “Ugo et moi sommes d’accord sur un seul point : nous ne sommes d’accord sur rien. Nous n’avons aucune vision politique commune. Mais ce soir, on mène un combat ensemble : engagez-vous et respectez les personnes qui ne pensent pas comme vous.”

Un match à 6 jours des élections régionales... hasard de calendrier ? 

Quand on leur demande si ce match a pour but d’influencer les spectateurs à aller voter pour leur parti respectif ce dimanche 20 juin, aux élections régionales, la réponse est la même des deux côtés : “Le calendrier n’a rien à voir avec les élections. On m’a provoqué sur Twitter le 4 mai. Le temps qu’on organise tout ça et qu’on lance les hostilité, ça a pris un bon mois. Et honnêtement… je ne pense pas que ce match pousse grand monde à voter ce week-end”, confie Ugo Bernalicis - ce scrutin étant peu mobilisateur. 

Ils assument toutefois leur volonté d'avoir un impact, leur but étant “de faire reculer l'abstention en général”. “On veut engager les gens sur le long terme, déclare Denis Masséglia, montrer que la politique n’est pas quelque chose de sale, que c’est la vie en collectivité au quotidien.”

Ugo Bernalicis, député de la 2ème circonscription du Nord.
Ugo Bernalicis, député de la 2ème circonscription du Nord. © Ludovic MARIN / AFP


Twitch, le nouveau terrain de jeu des politiques 

L’élu du Maine-et-Loire est présent sur la plateforme Twitch depuis des années et crée du contenu depuis 8 mois. Chaque semaine, il réalise et publie une vidéo sur l’action d’un député, sur sa propre chaîne. La semaine dernière, il recevait Roland Lescure pour discuter de la taxation des géants du numériques

Pour lui, “Twitch est un espace de démocratie directe qui peut permettre à des personnes qui se sentent éloignées de la politique, de s’y intéresser un peu plus. Jouer au jeux vidéo sur Twitch, c’est aussi rappeler que les élus sont des 'gens normaux'. J’essaye de rétrécir le fossé entre citoyens et politiques. Il en va de l’avenir de notre démocratie.” 


Les jeux vidéo : première industrie culturelle de France

Alors que se déroule en ce moment le plus influent salon du jeu vidéo – l’Electronic Entertainment Expo (E3), les deux députés en profitent pour mettre la lumière sur les jeux vidéo, première industrie culturelle de France. Président du groupe d’études sur le sujet à l’Assemblée nationale, Denis Masséglia s’était opposé à son propre camp pendant le confinement, considérant “incompréhensible” la décision de fermer les magasins de jeux vidéo. Il dénonçait alors l'"opposition entre le jeu vidéo d'une part et les autres industries culturelles."

Ugo Bernalicis défend lui la création d’un centre national du jeu vidéo, sur le modèle du centre national du cinéma (CNC), afin de faire contribuer les producteurs de jeux vidéo…. “C’est un secteur qui brasse énormément d’argent et ça ne s’est pas arrêté avec le confinement !” 

 

 

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