Angers : 4 mois de prison ferme pour un membre du groupuscule ultra-droite L'Alvarium

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Écrit par Fabienne Béranger avec Agence France Presse
Le palais de justice d'Orléans
Le palais de justice d'Orléans © MARIE BELHOMME / MAXPPP

Un militant de l'ancien groupuscule d'ultra-droite L'Alvarium a été condamné vendredi à Orléans à douze mois de prison, dont huit avec sursis, pour sa participation à une expédition punitive contre des intermittents du spectacle en mai au théâtre de la ville.

Un jeune identitaire, originaire d'Orléans mais vivant à Angers, a été condamné à 4 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel. Il devra en outre accomplir 105 heures de travail d'intérêt général.

Le jeune homme, âgé de 25 ans, devra également verser 10 000 euros au titre des divers préjudices subis par les victimes et plus de 5 000 euros au titre des frais de justice.

La sanction a été assortie d'une interdiction de droits civiques, civils et 
de famille, d'une peine d'inéligibilité pendant trois ans et d'une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

Dans son délibéré, le tribunal correctionnel d'Orléans a jugé les dénégations de l'intéressé "peu convaincantes".

Le parquet avait requis 18 mois de prison, dont huit avec sursis, lors de l'audience du 5 novembre dernier.

"Traqué par les antifas" 

Le militant était un membre de l'ancien Alvarium, groupuscule d'ultra-droite connu pour faire le coup de poing à Angers et dissous le 17 novembre dernier en Conseil des ministres.

Lors du procès, le jeune homme avait nié sa présence au théâtre au moment des faits, malgré son identification par plusieurs des neuf victimes de l'expédition et le bornage de son téléphone à proximité des lieux.

Il s'était dit victime de ses "convictions politiques", affirmant être "traqué 
par les antifas" et traité comme un "coupable idéal".

Dans la nuit du 8 au 9 mai 2021, cinq ou six personnes avaient forcé une entrée 
du théâtre d'Orléans, alors occupé depuis plusieurs jours par des intermittents du spectacle pour protester contre la réforme de l'assurance chômage. Les agresseurs s'en étaient pris au vigile et à huit intermittents, les rouant de coups de poing et de genou. Les victimes s'étaient vu prescrire d'un à dix jours d'ITT.

"Une communauté et un lieu de réunion convivial et militant"

L'Alvarium est basé près du centre-ville d'Angers. Sur son site web toujours actif malgré la dissolution du groupuscule, l'association se présente comme "une communauté et un lieu de réunion convivial et militant. Prenant acte de l’obsolescence des partis politiques et anticipant l’écroulement d’un Etat devenu aussi omnipotent qu’inefficace, nous avons décidé d’agir à notre échelle. Notre communauté entend créer des liens en Anjou entre ceux qui refusent la lâcheté et l’abandon de notre peuple et de son Histoire."

Le groupuscule compterait une trentaine de membres.

Le 17 novembre dernier, suite à l'annonce de la dissolution du groupuscule, Gréald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, avait fait état  de "nombreux faits constatés" et de "signalements répétés de nombreux élus, dont le maire d'Angers", Christophe Béchu.

Ce dernier, a avait estimé que "c'est un message extrêmement fort qui est envoyé: il n'y a pas de place pour les prêcheurs de haine. Depuis plus de deux ans, ce groupuscule fait parler de lui de manière épisodique. Cette association empoisonne la vie des Angevins".

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